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Article de Lénaïg Bredoux Publié dans L’Humanité le 23 novembre 2006

L’ANPE aussi performante mais moins chère que le privé

jeudi 23 novembre 2006 par Lénaïg Bredoux
Chômeurs . De plus en plus concurrencée par Altedia, Adecco ou Ingeus, l’Agence nationale pour l’emploi publie une étude sur leurs performances comparées.

Alors que l’UNEDIC, l’organisme de gestion de l’assurance chômage présidé par Annie Thomas (CFDT), ne cesse d’étendre ses expérimentations de placement des demandeurs d’emploi par des opérateurs privés, l’ANPE contre-attaque. L’Agence nationale pour l’emploi a rendu publique, hier, une étude de son observatoire qui assure qu’elle fait mieux, et pour moins cher, qu’Altedia, Adecco, BPI et autre Ingeus.

« Les divers types d’accompagnements ont des niveaux d’efficacité très proches », affirment les auteurs de l’enquête. Après neuf mois de prise en charge, « près de 55 % des bénéficiaires » des suivis individualisés proposés par l’ANPE ou par les opérateurs privés sont sortis au moins une fois des listes des demandeurs d’emploi, et « environ 43 % » en sont totalement absents. Et ce, alors que le coût moyen de la prise en charge par Ingeus, BPI ou Altedia est de 2 300 euros quand il ne dépasse pas 760 euros à l’ANPE...

L’an passé, l’UNEDIC a lancé les premières expérimentations de suivi des allocataires « présentant un risque de chômage de longue durée » par des opérateurs privés, à Lille et Rouen notamment. En septembre, satisfait de son bilan, l’organisme paritaire les a étendues, passant de 7 000 personnes suivies à 46 000 sur deux ans. Hier elle a également confirmé un nouvel appel d’offres européen pour suivre les signataires d’une convention de reclassement personnalisée (CRP), estimés à 50 000 par an.

Une concurrence directe à l’ANPE, dénoncée par les personnels de l’Agence, mais aussi par deux confédérations syndicales, la CGT et FO. Elles contestent également la réalité des performances affichées par ces opérateurs privés choisis par l’UNEDIC et qui, tous, sont des géants du reclassement. Selon l’étude publiée hier, les publics touchés par l’ANPE sont, en outre, plus en difficulté que les demandeurs d’emploi indemnisés qui sont orientés vers ces sociétés.

Chez BPI ou Ingeus, les chômeurs sont inscrits depuis moins longtemps et ils sont plus nombreux à avoir le baccalauréat (44 % contre 40 % à l’ANPE). La proportion d’employés qualifiés et de cadres est, elle aussi, plus forte. Quant aux travailleurs handicapés, ils représentent 6 % des demandeurs d’emploi, suivis par les opérateurs privés, contre entre 12 % et 14 % à l’ANPE.

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