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FRANÇOIS WENZ-DUMAS | Libération le 07.12.2007

L’ANPE et l’Unédic au stade fusionnel

vendredi 7 décembre 2007 par François WENZ-DUMAS

Avant la fin 2008, un seul et même organisme devrait assurer l’accueil, l’indemnisation, l’orientation et le placement des chômeurs. Le projet de loi sur la fusion ANPE-Unédic a été adopté hier par le conseil des ministres, pour être débattu au Parlement à partir du 8 janvier prochain.

« Les tests de notre réussite, ce sera la réduction significative du chômage, la diminution du temps de chômage, et le fait que les entreprises n’aient plus besoin d’aller vers une société d’intérim, ou un cabinet de chasseurs de têtes, mais s’adressent naturellement au nouvel organisme pour recruter », estime Christine Lagarde, qui pilote la réforme.

Pour illustrer son projet, la ministre de l’Economie et de l’Emploi inaugurait hier une agence regroupant déjà l’ANPE et l’Assedic, ouverte lundi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Christine Lagarde a également expliqué qu’elle se donnait comme objectif de réduire la durée moyenne du chômage de neuf à trois mois, et d’augmenter le nombre de conseillers, de façon à arriver à 60 chômeurs par conseiller, voire 30 pour les personnes plus en difficulté.

Cette réforme répond à « trois objectifs simples : simplifier, avoir toutes les prestations dans un seul guichet et plus d’agents sur le terrain », résumait de son côté Laurent Wauquiez en rendant compte des travaux du conseil des ministres. Le porte-parole du gouvernement a expliqué que Nicolas Sarkozy s’était félicité que cette fusion « dont on parlait depuis vingt ans » puisse être « en sept mois conduite à bon port et sans drame ».

Cette vision apparaît cependant quelque peu optimiste. Car les salariés de l’ANPE continuent de s’opposer à cette réforme. Hier, leurs trois principaux syndicats (SNU, FO, CGT) ainsi que Sud, ont appelé à une nouvelle journée de grève le 18 décembre, après celle du 27 novembre.

La fusion suscite des inquiétudes chez les 30 000 agents de l’ANPE, établissement public, qui craignent de perdre leur statut. Quant aux 14 000 salariés de l’Unédic, ils sont de droit privé puisque leur employeur est une fédération d’associations (les Assédics) gérée paritairement par les cinq confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et les trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA).

A l’ANPE comme à l’Unédic, ils craignent que la fusion ne se traduise par une « chasse aux doublons » entraînant d’importantes suppressions d’emplois. La question de la collecte des cotisations, actuellement assurée par l’Unédic et qui pourrait à terme être confiée à l’Urssaf, n’est également pas tranchée. Reste également à préciser le rôle des partenaires sociaux. « La période de négociation et de concertation n’est pas terminée », estime l’actuelle présidente de l’Unedic, Annie Thomas (CFDT). Patronat et syndicats continueront à négocier un accord fixant le taux des cotisations d’assurance chômage et les règles d’indemnisation, dont le nouvel organisme assurera la mise en œuvre.

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