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Un article de Antoine Jacob paru dans Le Monde du 19 avril 2006

L’Allemagne tergiverse à propos du lieu de stockage de ses déchets radioactifs

mercredi 19 avril 2006 par Antoine Jacob

Tandis qu’elle est engagée dans un processus de démantèlement de ses centrales nucléaires civiles d’ici 2020, l’Allemagne tente de résoudre le problème du stockage de ses déchets radioactifs. Le sujet est sensible dans une population majoritairement opposée à l’atome. Un pas important vient toutefois d’être franchi en vue de doter le pays d’un centre de stockage définitif des déchets moyennement et faiblement radioactifs. Son nom : le puits Konrad, car il serait installé dans une ancienne mine de fer, à Salzgitter, dans le nord du pays.

En rejetant en mars une plainte de communes avoisinantes et d’une famille habitant près du site choisi, le tribunal administratif de Lunebourg a écrit un nouveau chapitre d’une histoire qui remonte au début des années 1980.

A l’époque, le gouvernement du chrétien-démocrate Helmut Kohl convainc l’Etat régional de Basse-Saxe de mener des études sur la faisabilité de centres de stockage pour les déchets radioactifs.

L’ancienne mine de Salzgitter paraît alors un lieu propice à l’enfouissement des déchets moyennement et faiblement irradiants, issus de la médecine et de l’industrie nucléaire civile. Un autre site, Gorleben, est retenu pour le stockage - temporaire - des déchets hautement radioactifs, provenant des centrales.

Nombreuses sont les réticences à la reconversion du puits Konrad. Les Verts se mobilisent, mais aussi le Parti social-démocrate (SPD). Avec l’appui de scientifiques, ils affirment qu’à terme existent des risques de contamination des nappes phréatiques, même si les 300 000 tonnes de déchets sont enfouies entre 800 et 1 300 mètres sous terre. Le site de Gorleben fait l’objet de critiques plus ou moins similaires.

Dans les années 1990, M. Kohl parvient à faire avancer ces projets. Il est assisté par une ministre de l’environnement nommée... Angela Merkel. Celle qui dirige le pays depuis novembre 2005 n’est pas la seule à voir réapparaître le dossier du puits Konrad.

Son ministre de l’environnement n’est autre qu’un des principaux opposants SPD au centre de stockage : Sigmar Gabriel, ministre-président de la Basse-Saxe entre 1999 et 2003 et élu local de Salzgitter, s’est distingué un jour en qualifiant ce projet de "chiottes nucléaires". Le voilà désormais chargé de mettre en musique l’ouverture du centre de Salzgitter, en principe d’ici 2013. Tâche qu’il ne semble pas pressé d’entreprendre.

Depuis la décision du tribunal de Lunebourg, le ministre est resté silencieux sur le sujet. Sans doute attend-il de savoir si cette décision de justice sera contestée en appel. Ce n’était pas encore le cas mi-avril.

Si les Verts sont pour l’ouverture d’un seul centre national de stockage définitif de tous les déchets, le pays se prépare à une solution double : le puits Konrad pour les déchets faiblement et moyennement radioactifs, et un second site pour les autres. La localisation de ce dernier n’a pas été encore été décidée, le sujet étant encore plus sensible. Mais la population habitant autour de Gorleben s’inquiète.

"Chaque nouveau transfert de déchets vers ce site le condamne un peu plus à devenir le centre définitif", déplore Francis Althoff, porte-parole d’un groupe de citoyens antinucléaires.

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