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Un article de Richard Heuzé paru dans Le Figaro du 9 mai 2005

L’Enel affiche ses ambitions dans le nucléaire

lundi 9 mai 2005 par Richard Heuzé

« C’est l’aboutissement d’une longue marche commencée il y a deux ans. » Paolo Scaroni, l’administrateur délégué du groupe semi-public italien d’énergie Enel, se montre visiblement soulagé que les négociations avec EDF - dans le cadre du dossier Edison - aient enfin abouti.

Les discussions ébauchées par François Roussely, le précédent président d’EDF, se sont intensifiées avec Pierre Gadonneix, son successeur, à partir de décembre dernier. Elles se sont inscrites dans le cadre de l’accord de « réciprocité » que le gouvernement italien exigeait de la France pour abroger le décret limitant à 2% les droits de vote d’EDF dans Edison, le numéro deux transalpin de l’électricité.

Le protocole signé avec EDF, qui se concrétisera dans les prochaines semaines par des accords spécifiques, va permettre à l’Enel de faire une entrée en force sur le marché français.

Dans un premier temps, sa part de marché s’élèvera entre 3 et 4%, via une production d’environ 3 000 MW, faisant de l’Enel le troisième opérateur électrique dans l’Hexagone derrière EDF et Suez. S’il s’est impatienté en mars devant la lenteur des négociations, c’est « que nous n’étions pas sûrs de parvenir à un accord satisfaisant, à la fois pour EDF et pour nous. Mais depuis trois semaines, j’étais plus optimiste, explique Paolo Scaroni. Sur ce grand marché de l’énergie en France, nous voulons être en mesure d’instituer une concurrence sur tous les créneaux de la production ».

L’accord est complexe, aussi bien dans ses modalités que du fait de la multitude des intervenants qui sont représentés. Avant toute chose, Paolo Scaroni se montre particulièrement satisfait que l’Enel ait obtenu en France un accès au nucléaire, qui lui est interdit en Italie depuis le référendum de 1987 ayant banni les centrales atomiques de la Péninsule. Précisément, l’Enel collaborera avec EDF dans le développement du futur réacteur nucléaire EPR à eau pressurisée. Elle y participera à hauteur de 12,5%, EDF réservant 37,5% à trois autres opérateurs. Soit un engagement financier d’environ 375 millions d’euros pour le premier prototype qui verra le jour dans la Manche, « le plus cher car il comprend les coûts de recherche », note Paolo Scaroni.

L’accord prévoit aussi que l’Enel participe au développement de cinq autres réacteurs EPR en Europe : « Cela s’inscrit dans le cadre de notre croissance internationale, à commencer par l’Europe de l’Est », poursuit le dirigeant italien.

Si le nucléaire donnera à l’Enel de l’énergie de base, sa participation programmée à hauteur de 30-35% dans la Snet - l’ancienne filiale électrique de Charbonnages de France -, toujours dans le cadre du règlement du dossier Edison, lui fournira un appoint substantiel. A côté, l’Enel pourra construire en France deux centrales à cycle combiné lui fournissant l’énergie de pointe nécessaire en cas de surcharge. Paolo Scaroni relève enfin que son groupe a pris une participation de 5% dans la Bourse électrique française Powernext. « Ces accords feront de l’Enel un acteur du marché français à 360° », se félicite le patron de l’Enel.

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