Liste des auteurs

ANNE ROVAN. | Le Figaro le 28 mai 2007

L’État a accéléré les suppressions d’emplois en 2006

lundi 28 mai 2007 par Anne Rovan
Les baisses d’effectifs représentent 9 500 emplois au lieu des 5 400 prévus.

UN DÉBUT timide mais prometteur. Les nouvelles pratiques budgétaires, qui permettent dorénavant aux ministères de recruter moins et de gérer plus librement leur enveloppe financière, ont commencé à porter leurs fruits l’année même de leur entrée en vigueur. Selon nos informations, l’État aurait supprimé environ 4 100 emplois de plus que prévu l’an dernier. Traduction : au lieu des 5 430 suppressions d’emplois – ou équivalents temps plein travaillé (ETPT)– programmées, la baisse du nombre de fonctionnaires atteindrait 9 500 ETPT. Soit presque le double !

« Cette baisse de 4 100 emplois provient en fait de recrutements programmés et qui n’ont pas été effectués », assure un bon connaisseur des questions budgétaires qui redoute les interprétations à l’emporte-pièce.

De fait, les chiffres peuvent être trompeurs. Ainsi, sur le papier – mais sur le papier seulement –, les suppressions d’emplois de 2006 sont vertigineuses  : 29 000 au total puisque que le nombre d’ETPT du budget général et des budgets annexes a été ramené de 2,351 millions à 2,322 millions entre le début et la fin de l’année 2006. « Ces 29 000 emplois , ajoute ce spécialiste, ne veulent rien dire puisqu’ils intègrent les effets de la décentralisation et donc les transferts massifs d’emplois de l’État vers les collectivités locales au titre des routes et des techniciens et ouvriers de service de l’Éducation nationale, mais aussi des départs en retraite plus importants que prévu. » Ces éléments figureront dans la loi de règlement du budget 2006 présentée au Conseil des ministres du 6 juin.

Économie de 600 millions

Avec les 9 500 emplois réellement supprimés en 2006, l’État fait beaucoup plus que les années passées et surtout tourne le dos à la période 1998-2002 durant laquelle ses recrutements avaient explosé (voir graphique ci-dessus). Dominique de Villepin devrait d’ailleurs goûter ce résultat. Très critiqué par les parlementaires de l’UMP lorsqu’il avait annoncé mi-2005 quelque 5 000 suppressions d’emplois de fonctionnaires pour 2006, l’ancien premier ministre avait indiqué que la nouvelle constitution budgétaire – la fameuse Lolf – permettrait de faire plus. Ces premiers résultats lui donnent raison. Les responsables des ressources humaines et les directeurs financiers des ministères ont géré avec parcimonie leurs recrutements et leur masse salariale au point d’économiser 600 millions d’euros.

L’effort n’est toutefois pas à la hauteur des enjeux. Ces 9 500 suppressions ne représentent que 0,4 % des emplois existants. Elles signifient en outre que l’État a remplacé la quasi-totalité de ses fonctionnaires partant en retraite – plus de quatre sur cinq –, sans tirer profit des départs massifs. Un léger mieux est à attendre en 2007 avec les 15 000 suppressions d’emplois inscrites dans la loi de finances initiale par le précédent gouvernement. C’est en 2008 que les effectifs de l’État devraient commencer à fondre vraiment. Durant toute sa campagne, Nicolas Sarkozy a martelé qu’il ne remplacerait qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Soit 30.000 à 35.000 suppressions d’emplois par an. Objectif de ce tour de vis : contenir la masse salariale, qui représente 35% du budget de l’État, et mieux rémunérer les fonctionnaires.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !