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Pierre Avril | Le Figaro du 8 janvier 2007

L’Europe sensible aux vertus du nucléaire

lundi 8 janvier 2007 par Pierre Avril
Jusqu’ici prudente sur le sujet, la Commission liste les vertus de cette ressource.

CHAMPIONNE d’Europe en la matière, la France voit ses choix énergétiques stratégiques confortés par Bruxelles. Dans un document d’orientation politique qu’elle publiera mercredi, la Commission européenne va dresser la liste des avantages concurrentiels dont bénéficie cette source d’approvisionnement, au risque de heurter certains pays qui, obstinément, continuent à tourner le dos à l’atome.

Jugé moins polluant et plus compétitif, le nucléaire permet en outre de réduire la dépendance politique de l’Europe à l’égard du gaz russe ou du pétrole moyen-oriental. Autant d’arguments que la Commission devrait mettre en avant, elle qui, par le passé, s’est toujours montrée extrêmement timide sur le sujet. Assurant 14 % de la consommation intérieure de l’Union européenne, et 18 % de sa production d’électricité, cette source, explique Bruxelles, repose sur l’exploitation d’un minerai, l’uranium, moins tributaire de variations intempestives de prix, comme c’est le cas avec l’or noir. « Il vaut sans doute mieux être dépendant du nucléaire plutôt que de la Russie », ajoute un fonctionnaire. En outre, le recours à la fusion faciliterait la réalisation de l’objectif - fixé par la Commission - d’augmenter « l’efficacité énergétique » de l’UE de 20 % d’ici à 2020.

Un sixième réacteur

Plus encore, en dépit des « problèmes » liés au traitement des déchets ou à la sécurité des cen­trales, l’exploitation de cette source permet de lutter contre le réchauffement climatique, autre priorité de la Commission européenne. D’ici à 2020, selon les souhaits de Bruxelles, les émissions de gaz à effet de serre devraient diminuer de 20 % (de 35 % d’ici à 2030) par rapport à leur niveau de 1990. Dans le cadre du protocole de Kyoto, qui expire en 2012, l’UE s’était fixé un objectif de 8 % de réduction d’émissions polluantes. « Il est très difficile de relever ces défis sans avoir recours à l’énergie nucléaire. Voilà la réalité », ex­plique le ministre finlandais de l’Industrie. Helsinki a annoncé vendredi son intention de construire un sixième réacteur. Dans ce combat pour l’environnement, la Commission peut également s’appuyer, au moins à court terme, sur Jacques Chirac et Tony Blair. Plutôt favorable au nucléaire, le premier ministre ­britannique a initié un « débat public » sur la question.

En Alle­magne, l’abandon de cette source, programmé par le gouvernement Schröder, n’est plus garanti de manière aussi ferme par la grande coalition. L’UE est-elle pour autant en train de basculer dans le camp de l’atome ? Tant s’en faut. L’Es­pagne tend à se détourner du nucléaire, et en Autriche cette source reste bannie. Surtout, l’opinion publique européenne reste réticente. « Notre rapport sur le nucléaire est factuel, nous ne défendons pas une cause », précise le porte-parole du commissaire à l’Énergie, Andris Pielbags. Bruxelles tient à distinguer sa position de celle qu’a récemment adoptée l’Agence internationale de l’énergie, qui s’était livrée à un plaidoyer.

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