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Un article de Richard Heuzé paru dans Le Figaro le 26 novembre 2005

L’Italie dans la rue contre les réformes

samedi 26 novembre 2005 par Richard Heuzé
GRèVE Pour la sixième fois en quatre ans, Silvio Berlusconi a dû faire face hier à une grève générale.

CE SONT des centaines de milliers de salariés qui sont descendus hier dans les rues italiennes, suivant le mot d’ordre lancé par les trois confédérations ouvrières pour protester contre la rigueur budgétaire et la réforme des retraites.

Une manifestation « sacro-sainte » pour Romano Prodi, le leader de l’opposition ; « absolument inutile » pour Silvio Berlusconi. Le ministre de l’Emploi Roberto Maroni, quant à lui, en a souligné le caractère « politique » à cinq mois des élections générales du 9 avril.

Cette grève, la sixième en cinq ans, visait initialement à protester contre la perte de pouvoir d’achat. Le secrétaire général de la CGIL (la CGT italienne) Guglielmo Epifani a dénoncé les sacrifices, d’un montant total de 16,5 milliards d’euros, imposés par cette loi de finances qui « taille tout : ressources à la santé, à l’école, à la recherche, à l’université, transferts aux communes, dotation du fonds social national. Sans parler des budgets de la culture, du tourisme, du spectacle, des investissements pour les infrastructures, et du Mezzogiorno, totalement oublié ».

Une prime de mille euros par naissance

Au Parlement, le gouvernement a défendu son épure comme l’unique possible, en raison des maigres ressources disponibles dans une conjoncture dégradée. Des mesures spéciales ont été prises pour la famille, avec une prime de mille euros par nouveau-né de parents italiens. De même pour les entreprises, dont les charges sociales seront diminuées d’un pour cent.

Le patronat s’en est félicité. La loi de finances est « attentive aux équilibres des finances publiques et a résisté aux tentations électorales », estime sa vice-présidente Emma Marcegaglia.

C’est dans ce contexte déjà tendu, que le Conseil des ministres a adopté une réforme des retraites dont les syndicats ont aussitôt critiqué les retards. Celle-ci entrera en vigueur au 1er janvier 2008 pour les grandes entreprises et un an plus tard pour les PME. Initialement, ce changement aurait dû prendre effet au 1er janvier prochain. Mais le gouvernement a dû trouver une voie médiane pour ne pas pénaliser les compagnies d’assurance, hostiles aux modalités de la réforme. Les syndicats, pour leur part, y ont vu un conflit d’intérêt impliquant Silvio Berlusconi, lui-même propriétaire d’un fonds d’assurance, Mediolanum. De fait, le président du Conseil s’est abstenu lors du vote.

Le nouveau régime concerne douze millions de salariés du secteur privé et représente un flux annuel de treize milliards d’euros.

Actuellement, les retraites sont financées par un prélèvement de 6,7% sur le salaire, géré par l’entreprise. En fin d’activité, ces cotisations sont restituées au salarié sous forme d’un « traitement de fin de rapport » (TFR).

A partir du 1er janvier 2008, ce salarié aura six mois pour dire s’il veut que ce TFR soit versé au profit d’un mécanisme de gestion collective, supervisé par les entreprises et les syndicats (en fait un fonds « fermé », catégoriel ou syndical). A défaut, le salarié peut verser ses cotisations à une compagnie d’assurance de son choix ou tout autre réseau de collecte de l’épargne.

Les syndicats craignent que ce délai de deux ans ne soit mis à profit par les compagnies d’assurance pour chercher à édulcorer la loi.

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