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Un article de Robert Jules, paru dans La Tribune édition électronique du 19 septembre 2005

L’Opep offre 2 millions de barils jour supplémentaires au marché

lundi 19 septembre 2005 par Robert Jules

Les ministres de l’Organisation se réunissent durant deux jours pour statuer sur un éventuel relèvement de leurs quotas de production. Un tel choix, soutenu par l’Arabie saoudite, ne convient pas à certains pays comme le Venezuela, pour qui ce brut supplémentaire mettrait le marché en excédent.

La réunion ministérielle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui s’est ouverte lundi à Vienne en Autriche et se termine ce mardi, va illustrer plus que jamais le subtil exercice de communication que constitue le message qu’elle envoie au marché pétrolier.

De fait, un consensus existe entre les pays membres de l’Opep pour offrir au marché, s’il en fait la demande, une enveloppe supplémentaire de 2 millions de barils par jour (mbj), a estimé lundi le représentant libyen au cartel, Fathi Ben Chatouan. A une question sur l’existence d’un consensus à ce sujet entre les pays membres de l’Organisation, il a en effet répondu : "oui, je le pense".

"Nous n’arrêtons pas d’augmenter le plafond de production de 500.000 barils par jour, si bien que nous avons atteint un seuil où il y a beaucoup de production et pas assez de demande, et le prix du pétrole ne fait malgré tout que progresser", a-t-il expliqué. "Donc, le marché international pense que l’Opep n’a pas assez d’offre, et nous voulons lui prouver que nous l’avons en leur offrant 2 mbj supplémentaires, que tout acheteur peut demander", a-t-il ajouté.

"De cette façon, nous pouvons lui montrer qu’il y a assez d’offre et que le problème n’est pas du ressort de l’Opep, mais est lié aux capacités limitées de raffinage", a conclu le représentant libyen.

Auparavant, l’Arabie saoudite, qui représente un tiers de l’ensemble de la production de l’Organisation, avait plaidé, par la voix de son ministre du Pétrole, Ali Al Naïmi, en faveur d’un relèvement de 500.000 b/j du quota actuel, qui est fixé à 28 millions de barils/jour (hors Irak) afin de "calmer les marchés". Cette option était également soutenue par les Emirats Arabes Unis. Le niveau atteint par les prix du baril commence en effet à peser sur la demande mondiale d’hydrocarbures.

Dans son rapport de septembre, l’Opep a révisé à la baisse son estimation de la croissance des besoins mondiaux de pétrole pour cette année, de 1,9% en août, à 1,7%, ce qui correspond à 160.000 barils/jour. En outre, l’Organisation, qui entend toujours figurer au centre du jeu pétrolier mondial, se doit d’agir après la multiplication des déclarations suite aux dégâts causés par le passage de l’ouragan Katrina dans le golfe du Mexique et dans certains Etats du centre du pays, qui ont perturbé les extractions et les activités de raffinage.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a demandé la semaine dernière à l’Opep d’augmenter sa production, a décidé de puiser dans les stocks de ses membres à hauteur de 2 millions de barils/jour durant trente jours, se disant prête à intervenir de nouveau si nécessaire. Pour autant, force est de constater que les cinq augmentations consécutives décidées par l’Opep ces quinze derniers mois n’ont pas réussi à freiner l’appréciation de l’or noir.

De fait, les opposants à l’option saoudienne, comme le Venezuela, font valoir qu’un tel choix n’est pas la réponse adéquate au problème actuel. Essentiellement, parce que ce brut supplémentaire mis sur le marché est d’une qualité lourde et à forte teneur en soufre, et ne trouve pas acheteur. Ainsi, les autorités américaines ont indiqué que 11 millions de barils ont trouvé preneur, soit à peine le tiers de ce que Washington a débloqué de ses réserves stratégiques, uniquement du brut dans le cadre du plan de l’AIE.

Les raffineurs se tournent en effet d’abord vers des bruts légers pour répondre à la forte demande de produits raffinés - essence, diesel, fuel domestique, kérosène - plus intéressants en termes de rendement et de marge. Or, le secteur souffre d’un manque de capacité de production qui constitue un véritable goulot d’étranglement, aggravé par les dégâts causés par Katrina en Louisiane et dans le Mississipi. "Les quatre raffineries les plus sérieusement endommagées, d’une capacité totale de 877.000 b/j, sont toujours à l’arrêt et devraient le rester pour les deux à quatre prochains mois", estime Alexandre Kervino, analyste à la Société Générale.

Aussi, pour analyser l’état du marché lors de cette réunion, l’Opep a opté pour deux journées, comme si le consensus entre ses membres s’annonçait difficile à trouver.

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