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Un article de Julie MAJERCZAK paru dans Libération du 4 mars 2005

L’UE s’accroche à la directive Bolkestein

vendredi 4 mars 2005 par Julie MAJERCZAK
Le texte sur la libéralisation des services en Europe est maintenu mais sera aménagé.

e président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a beau avoir assuré qu’il allait travailler activement pour remettre à plat les points controversés du projet de directive, dite Bolkestein, sur la libéralisation des services, la polémique continue d’agiter les esprits. Hier, le commissaire au Marché intérieur, l’Irlandais Charlie McCreevy, a dû improviser une conférence de presse pour calmer le jeu. La veille, la rumeur d’un retrait du texte avait en effet largement circulé au Parlement européen.

« La procédure normale continue », a martelé le commissaire, démentant ainsi toute intention de l’exécutif européen de retirer le projet conçu par le très libéral ex-commissaire au marché intérieur, le Néerlandais Frits Bolkestein. La libéralisation des services demeure un projet essentiel de la Commission. « C’est le grand domaine de création d’emploi et de richesse. Il faut absolument que ce potentiel soit libéré », a plaidé Charlie McCreevy en apportant cependant quelques précisions : « La future directive doit être inattaquable sur la prévention de tout dumping social. » Il a également annoncé que la santé et « les services d’intérêt général financés publiquement » seraient exclus du champ d’application. A propos du principe très controversé du « pays d’origine », qui permettrait aux prestataires de proposer leurs services dans toute l’UE sans avoir à répondre aux exigences sociales et réglementaires des pays d’accueil, il a promis des clarifications. Des ouvertures pour calmer la fronde notamment de Paris et de Berlin contre ce projet de texte.

Les commissaires européens, qui ont abordé le sujet mercredi alors qu’ils faisaient le point sur leurs cent jours, n’en demeurent pas moins divisés. Charlie McCreevy a d’ailleurs surpris en laissant entendre que certains membres usaient d’un double langage. Une référence implicite au commissaire chargé de l’Industrie, l’Allemand Günter Verheugen, qui siégeait déjà dans la précédente Commission, alors que celle-ci avait largement adopté le projet. D’ailleurs, les deux ex-commissaires français, Pascal Lamy et Michel Barnier, n’avaient, eux non plus, rien eu à redire à l’époque.

La position mi-chèvre mi-chou du président de l’exécutif européen risque de ne pas éteindre la polémique à l’approche du référendum français sur le Traité constitutionnel. Les parlementaires Verts européens ne s’y sont pas trompés. Ils ont immédiatement dénoncé le manque de courage de la Commission qui « juge sa copie mauvaise mais la maintient ».

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