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JEAN-MICHEL BEZAT | Le Monde du 30.11.2007

L’accord EDF-Enel dans le nucléaire solde le contentieux franco-italien

vendredi 30 novembre 2007 par Jean-Michel Bezat

Le différend entre Paris et Rome dans l’énergie est en passe d’être réglé. Nicolas Sarkozy et le président du conseil italien, Romano Prodi, ont signé, lors du 26e sommet franco-italien réuni vendredi 30 novembre à Nice, une "pax electrica" qui doit mettre fin à des années de tension et donner, selon l’Elysée, "un coup d’accélérateur" aux relations entre les deux pays. Le partenariat dans le nucléaire, négocié depuis deux ans et demi entre EDF et le leader italien de l’électricité Enel, constitue l’essentiel de l’accord.

Les relations étaient tendues depuis 2001. EDF avait alors lancé un raid sur Edison, numéro deux italien de l’électricité. Le gouvernement Berlusconi avait répliqué en plafonnant à 2 % les droits de vote du français dans Edison, au mépris des règles européennes de la concurrence. Des règles qui, aux yeux des Italiens, n’étaient pas respectées dans leur esprit puisque EDF faisait tout pour freiner l’entrée de concurrents sur le marché français.

De nouvelles tensions étaient apparues en 2006 quand Jacques Chirac avait mis son veto à une offre publique d’achat (OPA) d’Enel sur Suez et contre-attaqué avec le projet de fusion entre Suez et Gaz de France.

L’accord EDF-Enel prévoit une participation financière de 12,5 % d’Enel dans l’EPR que le groupe français doit mettre en service à Flamanville (Manche) en 2012, où le groupe italien disposera d’un droit de tirage au prorata de son investissement, soit 200mégawatts (MW).

Enel pourra aussi en France prendre une part de 12,5 % dans cinq autres EPR construits par EDF jusqu’en 2023 et implanter deux centrales à cycle combiné gaz. Le texte confirme la présence d’ingénieurs d’Enel à Flamanville pour leur permettre de retrouver des compétences perdues depuis 1987, année où l’Italie a décidé par référendum de sortir du nucléaire.

Quand tous ces projets seront réalisés (environ 2 milliards d’euros), Enel deviendra le quatrième producteur de courant dans l’Hexagone (avec 2000MW installés), derrière EDF, Suez etEndesa France, l’ex-Société nationale d’électricité et de thermique qui doit être absorbée en 2008 par l’allemand E.ON.

En échange, le groupe français participera à même hauteur (12,5 %) aux projets nucléaires du groupe italien en Europe. Enel a beaucoup investi ces dernières années en Europe centrale et en Russie. Cette coopération, qui marque "une avancée dans la construction de l’Europe de l’énergie", va "s’approfondir", affirme le PDG d’EDF, Pierre Gadonneix.

De leur côté, le Réseau de transport d’électricité (RTE), qui gère les lignes à haute tension, et son homologue transalpin TERNA ont annoncé à Nice un investissement de 160millions d’euros pour accroître les capacités d’interconnexion entre les deux pays, qui devraient augmenter de 60%.

Mais la "pax electrica" ne sera pas définitive tant qu’EDF et la régie de Milan (AEM), qui contrôlent à parité Edison, n’auront pas clarifié leur pacte d’actionnaires. En s’associant à la régie de Brescia (ASM) dans un nouveau groupe (A2A), la société milanaise donne le sentiment de vouloir évincer EDF. "Je ne vois pas d’obstacle important au renouvellement du pacte", a pourtant déclaré le patron d’Edison, Umberto Quadrino, jeudi, en présentant un plan d’investissement 2008-2012 de 6,2 milliards d’euros.

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