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un article paru sur lemonde.fr le 14 avril 2005

L’accord entre EDF et l’italien Enel va ouvrir la voie au règlement du contentieux sur Edison

vendredi 15 avril 2005

E DOSSIER italien d’EDF avance à grand pas. Le groupe français et Enel, le numero un de l’électricité en Italie, soumettent actuellement à la Commission européenne un projet de protocole d’accord qui prévoit entre autres d’ouvrir plus largement le marché français à Enel, notamment dans le secteur nucléaire.

Si Bruxelles donne son feu vert, les deux sociétés pourraient signer l’accord "dans les quinze jours", selon des sources citées, jeudi 14 avril, par le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Un tel accord permettrait de débloquer l’autre volet du dossier : la limitation des droits de vote d’EDF à 2 % dans Italenergia bis (Ieb) ­ la holding qui contrôle Edison, numéro deux italien de l’énergie.

Quand l’électricien français était entré à la hussarde dans le capital d’Edison, en 2001, un décret adopté spécialement par le Parlement italien avait limité ses droits de vote à 2% alors qu’il détient 18,03% d’Ieb. Par un jeu complexe d’options de vente, EDF courait le risque de devoir acquérir la majorité, voir la totalité d’Edison sans pouvoir y exercer le pouvoir. Les autorités de Rome réclamaient une "réciprocité" pour lever ce plafond des 2% de droits de vote.

L’accord en cours de conclusion permettrait un réaménagement de l’actionnariat d’Italenergia bis. EDF a reçu trois propositions fermes de partenaires potentiels : celle de l’espagnol Endesa, qui porte porte sur 100% du capital ; celles des régies municipales, en cours de privatisation, de Milan (AEM) et de Brescia (ASM), qui proposent de prendre 40% du capital de la holding Ieb. La solution du dossier Enel est un préalable à un accord avec l’opérateur espagnol ou les deux régies italiennes.

Le protocole soumis à Bruxelles prévoit que, dans le cadre d’un véritable projet industriel, Enel prenne une participation d’un peu plus de 10 % dans l’EPR, le réacteur de troisième génération qui doit entrer en fonctionnement à Flamanville (Manche) en 2012. "Le vrai sujet, c’est l’EPR. Enel a perdu toute compétence dans le nucléaire, depuis le référendum de 1987 où l’Italie avait renoncé à cette forme d’énergie, explique un proche du dossier. Pierre Gadonneix et les autorité françaises ont réussi à convaincre leurs homologues italiens de revenir dans la communauté des opérateurs qualifiés dans le nucléaire."

Dans un premier temps, Enel n’aurait pas accès au marché hexagonal, mais pourrait prendre des parts de sociétés de distribution que l’électricien français contrôle dans des pays d’Europe de l’Est. Ainsi, EDF pourrait céder tout ou partie de ses participations dans les sociétés de distribution en Slovaquie, un pays où Enel vient de prendre le contrôle du principal producteur d’électricité, Slovenske Elektrarne.

DEUX CENTRALES TRADITIONNELLES Enel pourra également construire et gérer directement, sur des sites d’EDF, deux centrales traditionnelles (gaz méthane à cycle combiné) pour une puissance totale de l’ordre de 700 mégawatts. Ces deux unités seraient inscrites dans la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) présentée au Parlement avant l’été. Enfin, le protocole entre EDF et Enel prévoit "une prise de participation significative" de l’italien dans la Société nationale d’électricité et de thermique (SNET), l’ex-filiale des Charbonnages de France (CdF). Le dossier de la SNET était au point mort depuis des mois, les 18,25 % détenus par EDF et les 16,75 % par CdF étant de toute évidence mis en réserve pour boucler un accord global avec Enel.

Si celui-ci acquiert ces 35 % de la SNET, il se retrouvera au côté d’Endesa, actionnaire à 65 %. Les 35 % à vendre étaient jusqu’à présent réservés à Gaz de France. Mais son président, Jean-François Cirelli, n’était pas favorable à une telle prise de participation, trop coûteuse à ses yeux (300 millions d’euros) pour une position de minoritaire. Le document de base transmis le 1er avril à l’Autorité des marchés financiers en vue de la privatisation partielle de Gaz de France ne mentionnait d’ailleurs pas l’acquisition de la SNET.

Au total, le groupe italien pourrait disposer, à terme, d’une capacité de production de l’ordre de 2 000 mégawatts sur le territoire français. Reste maintenant à boucler le dossier Edison. C’est indispensable pour donner de la visibilité aux investisseurs, avant l’ouverture du capital d’EDF à hauteur de 30 %, que le ministre de l’économie et des finances, Thierry Breton, a annoncée pour "la fin de l’année".

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