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Anne Rovan..| Le figaro le 14 mai 2007

L’accord sur le gazoduc permet à la Russie de verrouiller ses approvisionnements

lundi 14 mai 2007 par Anne Rovan
Moscou a conclu un accord avec le Turkménistan et le Kazakhstan pour reconstruire le gazoduc de la Caspienne.

VLADIMIR POUTINE a gagné samedi une manche décisive dans la bagarre qui l’oppose aux États-Unis et à l’Europe pour profiter des immenses réserves énergétiques de l’Asie centrale.

Le président russe, qui effectue une tournée d’une semaine dans la région, a en effet signé un accord avec le Turkménistan et le Kazakhstan pour reconstruire le gazoduc de la mer Caspienne, qui suit la côte turkmène puis kazakhe avant d’arriver en Russie. Sa capacité sera doublée, passant de 5 milliards de mètres cubes à 10 milliards de mètres cubes par an. Un second gazoduc parallèle sera également construit, augmentant le volume total de gaz transporté par cette route de 12 milliards de mètres cubes à l’horizon 2012.

Le document définitif entérinant le projet sera signé avant le mois de juillet, promet Vladimir Poutine. Les travaux commenceront au premier semestre 2008. À l’évidence, Moscou n’a pas l’intention de faire traîner les choses. Mais cela ne va pas alléger l’atmosphère du sommet Europe-Russie, les 17 et 18 mai à Samara, à propos duquel les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles. Le dossier risque également d’empoisonner la mission de la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, qui séjourne aujourd’hui et demain en Russie.

Bruxelles et Washington s’inquiètent en effet de l’importance croissante des Russes dans le domaine de l’énergie. Ils se plaignent en particulier du manque de transparence de sa politique énergétique. La chancelière allemande Angela Merkel, qui assure la présidence de l’Union européenne, ne rate jamais une occasion de critiquer ouvertement Vladimir Poutine lorsque ce dernier menace d’interrompre ses livraisons parce qu’il est en crise avec ses voisins. Il s’en est fallu d’un cheveu, début janvier, pour que le conflit avec la Biélorussie dégénère.

Un projet concurrent américain

L’Europe, qui importe un quart de son gaz de Russie, voudrait diversifier ses approvisionnements.Mais elle n’a pas pour le moment de solution de rechange. C’est la raison pour laquelle les Européens et les Américains soutenaient un projet concurrent de gazoduc, allant du Turkménistan à l’Azerbaïdjan via la mer Caspienne, sans passer par la Russie. Bruxelles était prêt à mettre 1,7 million d’euros pour accélérer les études de faisabilité du chantier. Le premier ministre turkmène, Gourbangouly Berdymoukhammedov, affirme aujourd’hui que ce plan « n’est pas annulé », mais on voit mal comment il pourrait avoir encore un avenir.

En se mettant le Turkménistan dans la poche, un pays dont on estime qu’il possède les sixièmes réserves de gaz du monde, la Russie affirme de manière éclatante sa position dominante dans la région. Elle verrouille le gaz de la mer Caspienne d’une manière telle que tous les projets rivaux semblent désormais ne plus guère avoir de sens.

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