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Marie-Caroline Lopez - La tribune le 06/02/2012

L’allemand E.ON à l’attaque sur les barrages français

lundi 6 février 2012 par Marie-Caroline Lopez

Le géant allemand mise sur sa position de 3ème producteur d’électricité en France (avec la SNET) pour gagner des concessions hydrauliques dans l’Hexagone. Lorsque le gouvernement se décidera à les ouvrir effectivement à la concurrence. Comme tous les électriciens européens spécialistes de l’hydraulique - Vattenfall, Statkraft, Fortum, Alpiq et autre Enel -, l’Allemand E.ON se prépare activement dans l’espoir de remporter une part du très rentable marché des centrales hydroélectriques françaises qui doit être ouvert à la concurrence. Il va annoncer ce lundi un accord avec un groupement de huit distributeurs locaux d’énergie, Hydrocop Concessions, désireux eux aussi de mettre la main sur une source d’électricité bon marché pour alimenter leurs 250.000 clients particuliers.

Mais, à la différence de tous ses concurrents européens, le géant allemand E.ON est déjà producteur d’électricité dans l’Hexagone. Et cela doit faire toute la différence, espère le président d’E.ON France, Luc Poyer, qui compte jouer à fond cette carte dans la compétition qui s’annonce rude. Si elle finit par être lancée.

L’ouverture à la concurrence de 20 % du parc hydraulique français (10 concessions d’une puissance cumulée de 5.300 MW) tourne en effet à l’Arlésienne. Sous l’aiguillon de Bruxelles, le gouvernement français la prépare depuis 2006. Le premier tour était prévu en 2010. Les « coups d’envoi » sont annoncés mais jamais lancés. Même EDF, qui exploite 85 % des installations françaises (contre 15 % pour GDF Suez via ses filiales CNR et Shem) finit par s’impatienter. Aux dernières nouvelles, la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) vient, seulement, de recruter quatre consultants pour l’assister dans la préparation juridique, financière et technique de l’appel d’offres, sans compter un cabinet pour l’aide à la coordination.

Indispensable de connaitre le statut du personnel en France

Tout comme ses concurrents européens, E.ON est un spécialiste de l’hydraulique. Numéro un en Allemagne avec 30 % de parts de marché, il exploite barrages, stations de pompage et centrales hydroélectriques également en Italie, en Suède et en Espagne. Pour succéder en France à EDF ou GDF Suez dans la gestion d’ouvrages très imbriqués dans la vie locale, E.ON met en avant sa position en France. « Avec nos centrales à charbon, à gaz et nos parcs éoliens et solaires, nous avons produit 7,8 térawattheures (TWh) en France en 2010. Nous participons déjà à l’équilibre du système électrique français. Nous disposons d’un centre de dispatching, d’équipes de commercialisation qui permettront de gérer en cohérence des ouvrages hydrauliques », souligne Luc Poyer. Ses équipes sont déjà présentes dans les régions françaises pour travailler avec les collectivités locales propriétaires des ouvrages hydrauliques.

« Il est impératif de connaître la France et la gestion des ressources humaines dans la branche professionnelle des Industries électriques et gazières (IEG) », ajoute Luc Poyer. C’est un euphémisme pour le patron de la filiale française d’E.ON, confronté au fameux statut des IEG et au fort poids des syndicats depuis sa prise de fonction début 2009.

En 2008, E.ON avait trouvé dans son escarcelle la SNET, ancienne filiale des Charbonnages de France, lors du partage des actifs de l’espagnol Endesa avec Enel. Seul problème : une large part des quatre centrales à charbon de la SNET, au cœur des ex bassins houillers français, n’est pas compatible avec les nouvelles normes environnementales. Depuis 2009, E.ON France négocie avec ses partenaires sociaux la fermeture de cinq unités charbon à partir de 2013, qui s’accompagnera de la suppression de la moitié des 1.100 postes du groupe en France. Une rude tâche puisque le licenciement n’est pas une option prévue dans les IEG.

E.ON France mise d’autant plus sur l’hydraulique que ses autres projets dans l’Hexagone sont en suspens. Dans le nucléaire, le groupe voulait participer au futur EPR de Penly. Dans l’éolien off-shore, il vient de décider de ne pas répondre, aux côtés de GDF Suez, à l’appel d’offres géant en cours.

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