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ANNE-LAURE JULIEN. | Le Figaro le 13 mars 2007

L’année record des grands groupes français

mardi 13 mars 2007 par Anne-Laure Julien
Les quarante plus grandes entreprises françaises ont établi l’an dernier un nouveau record en matière de profits.

DOUZE milliards pour Total, sept milliards pour BNP et Sanofi, cinq milliards pour EDF et Société générale. Les profits dégagés en 2006 par les entreprises du CAC 40 totalisent 97 milliards d’euros. Soit une progression de 10 % par rapport à l’année précédente. Un record absolu tiré par la croissance économique des pays étrangers, et notamment de la Chine, mais qui s’explique aussi par un effort notable de productivité de ces grands groupes et par leur dynamisme en matière de cessions et acquisitions depuis deux ans.

Dans le détail, les quarante plus grandes entreprises françaises ont vu leur bénéfice s’améliorer de 10 % en moyenne, l’an dernier, pour un chiffre d’affaires progressant dans les mêmes proportions. Mais derrière cette croissance lisse se cachent des écarts importants. Ainsi le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, le groupe de services informatiques Capgemini et le producteur de tubes en acier Vallourec doublent leur profit d’un exercice à l’autre. A contrario, le groupe aéronautique EADS, le constructeur automobile Peugeot et le nouvel ensemble Alcatel-Lucent affichent des baisses de résultat supérieures à 50 %. À eux seuls, les trois poids lourds de la cote - Total, BNP et Sanofi Aventis - réalisent un quart des bénéfices du CAC 40. Pourtant, leur performance annuelle ne les place pas en tête du palmarès. Une fois n’est pas coutume, le géant pétrolier accuse même un recul de ses profits. Il n’est pas le seul. Neuf autres groupes font moins bien que l’an dernier, tandis que le reste du peloton affiche des hausses de résultat comprises entre 15 et 35 %.

Parmi les secteurs vedettes de l’année, celui des biens de consommation a profité du redéploiement de la richesse mondiale vers des pays émergents. « La Chine est devenue en 2006 le quatrième marché de LVMH en terme de contribution au résultat de la branche vins et spiritueux », soulignent les experts de la société de gestion Dorval Finance.

Améliorer la productivité

Selon les responsables de L’Oréal, « chaque année, au Brésil, en Chine, en Inde, au Mexique et en Russie, 70 millions de personnes accèdent à des revenus qui leur permettent d’acheter nos produits ». Dans l’ensemble, « la maîtrise des coûts salariaux et l’informatisation croissante a permis aux entreprises françaises d’améliorer leur productivité en 2006 », souligne Pierre-Yves Gauthier, stratège chez Oddo. Des efforts qui ont porté leur fruit chez Capgemini, STMicroelectronics ou Schneider Electric. « Les groupes industriels sont parvenus à compenser, partiellement, l’impact de la hausse du prix des matières premières », ajoute Pierre-Yves Gauthier.

Michelin, le premier fabricant mondial de pneus, a estimé l’an dernier son surcoût lié à la hausse du prix des matières premières à 800 millions d’euros. Mêmes causes, mêmes effets pour les deux grands constructeurs automobiles français, Peugeot et Renault, qui ont connu une année noire.

Enfin, depuis deux ans, les sociétés du CAC 40 acquièrent des entreprises et se désengagent de filiales à un rythme soutenu. Corrigés de ces opérations, les profits de Carrefour n’augmentent plus que de 3 % en 2006, ceux d’EDF de 47 %, ceux d’Accor de 29 %, ceux de Bouygues de 26 %, et ceux de Vallourec de 58 %.

La performance n’en demeure pas moins louable. Seule la Bourse semble bouder la valeur de ces grandes entreprises. Malgré une pluie de bons résultats au premier trimestre, le CAC 40 recule de 1 % depuis le début de l’année.


De très belles perspectives de résultats pour 2007

Les économistes tablent sur une très belle année 2007 avec une hausse des bénéfices de l’ordre de 10 %, selon le consensus Factset Estimate. Certains experts s’interrogent toutefois sur le secteur pétrolier qui joue un rôle moteur depuis 2004 dans la croissance des résultats. Dans un contexte de hausse des prix du brut, le partage de la manne pétrolière pourrait s’avérer moins favorable aux actionnaires. L’autre incertitude concerne les banques qui, après avoir réalisé des profits records depuis deux ans dans leur activité commerciale et sur les marchés, pourraient passer en 2007 davantage de provisions pour risque.

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