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Article de Cécile Calla paru dans Le Monde du 18 octobre 2006

L’économie allemande savoure son dynamisme retrouvé

mercredi 18 octobre 2006 par Cécile Calla

Une sorte d’euphorie semble gagner l’économie allemande. Comme si les années de stagnation n’étaient qu’un lointain souvenir, politiques et économistes se félicitent outre-Rhin de la vigueur de la croissance et n’en finissent pas de rehausser leurs pronostics.

Les six grands instituts allemands de conjoncture (le DIW de Berlin, l’IFO de Munich, le HWWA de Hambourg, le RWI d’Essen, l’IFW de Kiel et l’IWH de Halle) prévoient en effet une croissance de 2,3 % ou 2,4 % cette année, a rapporté, lundi 16 octobre, The Financial Times Deutschland en citant des sources proches de ces établissements de référence qui présentent, jeudi, leurs perspectives d’automne. En avril, leur projection était de 1,8 %. Ce chiffre de 2,4 % pour l’année 2006 serait le plus important depuis 2000.

Une source gouvernementale allemande a pour sa part indiqué, lundi matin, que Berlin s’apprêtait également à relever sa prévision 2006 à 2,4 %, au lieu de 1,6 % actuellement.

L’économie allemande a de fait enregistré une croissance de 0,9 % au premier semestre, sa meilleure performance depuis plus de six ans. L’enthousiasme est d’autant plus important que ce résultat était inattendu.

Afin de comprendre pourquoi les experts n’ont pas anticipé ce phénomène, le quotidien économique Financial Times Deutschland a lancé depuis quelques semaines une série d’entretiens sur ce sujet. En début d’année, les experts justifiaient les bonnes performances de l’économie allemande par l’effet dopant de la Coupe du monde de football. Au-delà de cet événement sportif, l’évolution des derniers mois montre à quel point la reprise de la première économie de la zone euro est solide.

Tous les indicateurs sont au vert. Le chômage baisse de manière continue, à 10,1 % de la population active. De même, l’humeur des entreprises est au beau fixe et les carnets de commandes de l’industrie sont pleins. Au mois d’août, la production industrielle dépassait de 7,3 % le niveau de l’année précédente, la hausse la plus importante depuis 1991.

L’économie locale profite de la vitalité des exportations et d’une baisse du prix du baril de brut. Même l’indicateur de mesure du climat de la consommation bat tous les records et le commerce s’attend à des affaires florissantes d’ici à la fin de l’année.

Cette bonne santé économique est à mettre en partie sur le compte des réformes introduites par le précédent gouvernement de Gerhard Schröder. "La réforme des impôts et du marché du travail commence à porter ses fruits, explique Stefan Bielmeier, économiste à la Deutsche Bank. L’économie profite aussi des effets anticipés de la hausse de la TVA prévue pour janvier 2007."

Une ombre vient néanmoins noircir ce tableau : la relance de la conjoncture profite encore peu à l’Allemagne de l’Est dont le taux de chômage reste très élevé (16,4 %). En septembre, le nombre de demandeurs d’emploi y était même en hausse en données corrigées des variations saisonnières (CVS). "Les nouveaux Länder affichent toujours une compétitivité en deçà du niveau de l’Ouest", souligne l’économiste de la Deutsche Bank.

Pour 2007, les perspectives sont nettement moins roses. Les experts tablent sur un ralentissement de la conjoncture en raison de l’augmentation de la TVA à partir du 1er janvier et de l’évolution encore incertaine de la conjoncture mondiale.

L’indice Ifo, publié en septembre, souligne l’inquiétude des entreprises pour les six mois à venir. De son côté, l’Agence fédérale de l’emploi annonce une suspension de la baisse du chômage en 2007.

Cependant, les économistes divergent sur l’ampleur du ralentissement. En témoignent les prévisions de croissance qui oscillent entre 0,6 % pour les plus pessimistes et 1,7 % pour les plus optimistes. Au rang de ces derniers figure le gouvernement allemand.

Une baisse plus importante que prévu de la cotisation sociale versée à l’assurance-chômage pourrait aussi, de l’avis des experts, jouer favorablement sur la conjoncture. Le gouvernement a en effet décidé de faire passer le taux de cotisation de 6,5 % à 4,5 % en 2007.

L’excédent engrangé ces derniers mois par l’Agence fédérale de l’emploi et le niveau record des recettes fiscales ont récemment donné lieu à un débat sur le montant de la baisse de la contribution chômage. Des représentants de la CDU-CSU et plusieurs économistes avaient exhorté le gouvernement à baisser le taux de cotisation de 6,5 % à 4 % en 2007.

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