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Article de FRÉDÉRIC DE MONICAULT paru dans le Figaro du 27 décembre 2006

L’efficacité énergétique devient le credo des entreprises

mercredi 27 décembre 2006 par Frédéric de Monicault

Face à l’énergie chère, les producteurs adaptent leur offre.

CONSOMMER de l’énergie mais mieux. C’est à partir de ce principe que le concept d’efficacité énergétique a commencé de se répandre. Il s’agit de diminuer l’énergie consommée par un système pour rendre un service donné, sans altérer le niveau de qualité associé. Une nécessité alors que l’ère de l’énergie facile d’accès et bon marché est révolue. Le baril de pétrole est durablement installé au-dessus de la barre des 60 dollars, les sources d’énergies fossiles s’épuisent progressivement, les besoins de pays comme l’Inde ou la Chine suivent une croissance exponentielle...

Face à cette nouvelle donne, les énergéticiens ne peuvent plus se contenter d’être de simples fournisseurs : leurs clients attendent d’eux des solutions pour optimiser leur consommation. C’est vrai dans l’électricité où l’efficacité énergétique passe par des engagements précis en terme de réduction de la facture (lire ci-dessous). Pour EDF, cela implique donc une véritable expertise des besoins et du mode de fonctionnement des clients.

Par ailleurs, les entreprises ont le souci de renforcer leur efficacité énergétique, dans leurs process ­et/ou leurs produits. « L’enjeu est à la fois environnemental et économique. Il concerne tous les secteurs et repose à la fois sur des améliorations technologiques et organisationnelles », relève une étude d’Oddo Securities. Pour Jean-Philippe Desmartin, responsable de la recherche ISR (Investissement socialement responsable) chez Oddo Securities, « c’est une double approche, systémique d’une part (via par exemple les modes de production) et ciblée (sur tel ou tel point de la chaîne énergétique) ». Et de citer des groupes particulièrement efficients en la matière. Comme Alstom, « dont les centrales supercritiques sont les technologies charbon les plus efficaces du point de vue énergétique disponibles à ce jour » ou encore Michelin, « dont la résistance des pneus au roulement optimise la consommation de carburants ». Philips « dont la gamme de produits, en particulier dans l’éclairage, vise à consommer moins d’énergie que ceux de ses concurrents », ou encore Schneider Electric « avec une série d’offres innovantes dans le résidentiel ». Dans tous les cas, un effort soutenu de recherche et développement s’impose.


EDF s’engage à dédommager Renault si sa facture d’électricité ne baisse pas

L’électricien vient de signer un nouveau contrat qui prévoit la fourniture de 23 sites du constructeur automobile en France.

LE NOUVEAU contrat que vient de signer EDF avec Renault s’inscrit directement dans la perspective d’une efficacité énergétique renforcée. D’une durée de trois ans, il prévoit l’alimentation de 23 sites du constructeur en France et des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique pour l’essentiel de son activité, y compris en Roumanie. En tout, cela représente une consommation supérieure à 1 milliard de kilowattheures, pour un montant de plusieurs millions d’euros. Si les groupes automobiles ne font pas partie des électro-intensifs (ces entreprises dont la compétitivité se caractérise par une très forte sensibilité aux prix de leurs achats d’électricité), cela n’empêche pas cette industrie d’être gourmande en énergie.

Pour remporter l’appel d’offres, EDF s’est évidemment appuyé sur une offre commerciale jugée particulièrement compétitive par Renault. Mais ce n’est pas tout. Dans le cadre d’un contrat baptisé « Progrès », l’électricien s’engage à réduire de façon significative la facture du groupe automobile. « Nos experts, dans le cadre d’équipes spécialement dédiées, sont chargés d’identifier tous les gains d’efficacité énergétique possibles chez Renault. Ce n’est pas un engagement d’études, c’est un engagement de résultats. Autrement dit, si les objectifs ne sont pas atteints, il est prévu qu’EDF dédommage Renault en conséquence », souligne Jocelyne Canetti, directrice de la division entreprises chez EDF.

Éviter des investissements supplémentaires

En l’occurrence, ces objectifs sont ambitieux. Même si Renault se garde de communiquer la moindre fourchette, EDF s’engage sur ce type de contrat à diminuer le montant de la facture électrique de 5 à 10 % par an. Les postes industriels sont évidemment ceux sur lesquels EDF travaille en priorité - cabines de peinture, ventilation, air comprimé... -, mais toutes les fonctions du constructeur sont concernées. Au technocentre de Guyancourt par exemple, qui rassemble tous les laboratoires de recherche de Renault, une baisse d’intensité lumineuse intervient automatiquement à l’heure du déjeuner.

« Il s’agit, pour chaque site, d’adapter l’offre énergétique de la manière la plus fine. En ce sens, nous pouvons dire que nous faisons du sur-mesure », poursuit Jocelyne Canetti, qui ne cache pas que, en plus de l’électricité, EDF aimerait bien aussi alimenter Renault en gaz. En attendant, la question se pose forcément, à l’heure où la fourniture d’électricité devient un marché de plus en plus concurrentiel, de l’intérêt pour EDF de vouloir ainsi optimiser la facture de ses clients. « C’est le meilleur moyen pour fidéliser nos clients. En outre, la libéralisation du marché implique de pouvoir proposer des offres différenciantes : le contrat »Progrès*, à haute valeur ajoutée, en fait partie. Enfin, en optimisant la consommation énergétique, on s’évite des investissements supplémentaires », conclut Jocelyne Canetti.

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