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Par Vassili Zoubkov, RIA Novosti 21/ 06/ 2007

L’électricité russe attend les investissements étrangers

jeudi 21 juin 2007 par Vassili Zoubkov

La croissance impétueuse de ces dernières années en Russie a provoqué une demande en avalanche d’électricité. Certains territoires du pays, Moscou, sa région, l’Oural et la Sibérie occidentale deviennent déficitaires sur ce plan. L’an prochain, la demande augmentera encore de 5,2% pour l’ensemble du pays et de 10% pour certaines régions. Pour la couvrir, on a un besoin pressant d’investissements, y compris étrangers.

Car, dans les années à venir, cette pénurie pourrait gravement hypothéquer le développement économique de la Russie. Parallèlement à la privatisation d’installations énergétiques (rappelons que ni les centrales hydrauliques ni les centrales nucléaires ne sont privatisables), le gouvernement a adopté un impressionnant programme de création de nouvelles centrales et de prorogation de la durée de service des centrales existantes. Conformément à ce programme, la Russie augmentera ses capacités de génération de 41 GW d’ici à 2010, de 180 GW d’ici à 2020. Actuellement, elle dispose de 209 GW de capacités.

Cette augmentation notable requiert naturellement des investissements importants, y compris étrangers. Aujourd’hui, ces derniers se sentent nettement mieux motivés pour être présents sur le marché russe. Et ce, pour trois raisons au moins.

La première : la volonté bien exprimée des dirigeants russes de développer le secteur à l’aide des capitaux étrangers justement. Au XIe Forum économique de Saint-Pétersbourg, début juin, le président Vladimir Poutine, ayant rappelé que la Russie devrait augmenter de plus de 50% ses capacités de production d’électricité au cours des dix ans à venir, s’est exprimé explicitement à ce sujet : "Nous comptons sur la participation des investisseurs étrangers". Et le fait que le président en personne devienne promoteur de l’élargissement de la présence étrangère devrait servir de garantie aux investisseurs potentiels ! Un calendrier précis de libéralisation du marché de l’électricité a été également établi. Ce processus améliorera le rendement du secteur, facteur déterminant pour ceux qui souhaitent placer leurs capitaux dans son développement.

La deuxième raison de l’attractivité du secteur est le volume grandiose des placements à réaliser. L’Etat et le secteur privé russe y participeront. Le Programme national de développement du secteur de l’électricité jusqu’en 2010 suppose mobiliser l’équivalent de 115 milliards de dollars d’investissements. D’après le holding énergétique RAO UES (Electricité de Russie), le secteur recevra 30 milliards de dollars d’investissements, dont 3,2 milliards proviendront du budget. Comparez : il a été investi dans le secteur 2 milliards de dollars en 2005 et 20 milliards en 2006 (les données de RAO UES). Andreï Dementiev, vice-ministre de l’Industrie et de l’Energie, estime que le gros des investissements prévus pour le secteur en 2008 - 20 milliards de dollars - financera les programmes de développement de six sociétés de génération de gros (OGK en russe) et de quatorze sociétés de génération territoriales (TGK), privatisées au cours de la réforme du holding RAO UES. Le mécanisme de mobilisation des investissements est dans tous les cas identique : IPO ou offres publiques d’achat.

La troisième raison enfin. Le monde des affaires se sent de plus en plus à l’aise en Russie. D’où un afflux sans précédent cette année d’investissements étrangers. De janvier à mai, ils se sont élevés à 65 milliards de dollars. Si, à la fin de l’année, ils atteignent le seuil des 100 milliards, la Russie aura toutes les chances de dépasser la Chine. Cette tendance s’est manifestée au Forum économique de Saint-Pétersbourg dont nous avons parlé plus haut : près de 500 plus grandes compagnies mondiales y étaient représentées, dont 220 au niveau de leurs présidents et présidents des conseils des directeurs. Des accords d’investissement pour plus de 13,5 milliards de dollars y ont été signés, dont 4 milliards représentaient des investissements étrangers directs.

Ce qui veut dire que les investisseurs étrangers ont toutes les raisons de s’intéresser au secteur de l’électricité russe. Les experts de RAO UES estiment que plusieurs géants énergétiques mondiaux sont déjà prêts à investir massivement en Russie. A leur nombre, le finlandais Fortum, l’italien ENEL, l’allemand E.ON, l’espagnol Endesa, Electricité de France, l’américain AES.

Beaucoup de ces compagnies sont déjà présentes sur le marché russe. ENEL a la plus longue expérience de travail en Russie. Depuis 2004, elle gère avec succès la Centrale thermique du Nord-Ouest, près de Saint-Pétersbourg.

[E.ON-< mot 147] est aussi bien connu en Russie. Il n’y a pas longtemps, l’allemand a passé un accord avec les autorités de la région de Tioumen (Sibérie orientale), sur la création d’une centrale à turbines à gaz dans le chef-lieu de territoire. Le montant des investissements sera supérieur à 1 milliard de dollars. En plus, le géant énergétique a fait savoir son intention de racheter de gros blocs dans les sociétés OGK-1, OGK-4 (toutes deux "grossistes") et TGK-3 (société de génération territoriale).

Le finlandais Forum est aussi présent depuis longtemps sur le marché russe. Déjà, il entre dans le capital du "grossiste" TGK-1. Les sociétés énergétiques d’Europe et d’Amérique ne cachent non plus leur intérêt pour le marché russe. D’après un dirigeant d’ENEL, les compagnies énergétiques étrangères pourraient investir jusqu’à 15 milliards de dollars dans le secteur russe de l’électricité.

Il est tout aussi vrai que, réalisant leurs projets d’investissement, les étrangers pourraient faire face à des restrictions désagréables. Dans un proche avenir, en vertu de la législation russe, ils pourront détenir dans les TGK (sociétés de génération territoriales) moins de 50% du capital seulement, laissant à l’Etat le soin de les contrôler. Cette règle ne s’étend pas aux sociétés de génération de gros (OGK). Par exemple, ENEL, qui vient d’entrer dans le capital de l’OGK-5 lors d’une IPO, a toutes les chances de finir par y détenir un bloc de contrôle, contrairement au finlandais Fortum qui est entré dans le TGK-1.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.

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