Liste des auteurs

Un article de Jean-Jacques Bozonnet paru dans Le Monde du 7 juin 2006

L’italien Enel n’a pas renoncé à Electrabel, la filiale belge de Suez

mercredi 7 juin 2006 par Jean-Jacques Bozonnet
Le groupe italien d’électricité Enel n’a pas renoncé à conquérir Electrabel, la filiale belge de Suez. C’est le leitmotiv des dirigeants du groupe actuellement en tournée en Europe et aux Etats-Unis pour présenter les résultats 2005 et les perspectives de l’entreprise.

En imaginant, en début d’année, une offre publique d’achat (OPA) sur Suez, et une cession à Veolia de ses activités environnement, les Italiens visaient Electrabel. Le retrait de Veolia puis la décision de Paris de marier Suez et Gaz de France (GDF ) ont obligé les Transalpins à développer, puis à geler début mars, une de leur OPA, solitaire et hostile. Ils attendent désormais, d’ici au 3 juillet, la décision de la Commission européenne sur le projet de fusion franco-français. Le 1er juin, Enel a remis à Neelie Kroes, commissaire à la concurrence, ses remarques sur les problèmes "très forts" qu’un tel rapprochement entraînerait sur le marché de l’énergie en Belgique , voire en France. Le groupe suit aussi l’évolution du dossier en France, rappelant qu’Electrabel et le marché belge restent la priorité de sa politique de développement à l’étranger.

Si la Commission donnait son feu vert à la fusion, mais en conditionnant son accord à l’abandon par Suez d’activités en Belgique, Enel pourrait se porter acquéreur de tout ou partie d’Electrabel. En cas d’échec du projet de fusion, le numéro un de l’énergie en Italie souhaiterait l’ouverture d’un espace de négociations amical avec le groupe Suez.

En effet, Enel a des intérêts en France, où il collabore avec EDF au projet de réacteur nucléaire EPR. Le nouveau gouvernement italien a souhaité dédramatiser les relations entre les deux pays en supprimant, le 1er juin, le décret dit "anti-EDF". Ce texte plafonnait à 2 % le droit de vote des actionnaires étrangers dans les groupes italiens, et a bloqué pendant quatre ans la montée en puissance de l’électricien français dans Edison. Toutefois, le producteur italien d’électricité garde au feu son dispositif d’OPA hostile. Pour acquérir Suez, dont la capitalisation boursière est d’environ 43 milliards d’euros, il dispose depuis mars d’une force de frappe de 50 milliards.

Les principales banques italiennes, et quelques étrangères comme Crédit suisse First Boston, Deutsche Bank et Dresdner Bank, se sont associées à un tour de table qui s’appuie sur les 15 à 20 milliards d’euros de fonds propres d’Enel. L’électricien transalpin a constitué ce "trésor de guerre" en vendant plusieurs centrales, mais aussi des activités non stratégiques, notamment l’opérateur de téléphonie mobile Wind.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !