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Un entretien avec Frédéric Imbrecht

L’urgence : stopper la dictature gouvernementale

dimanche 25 septembre 2005 par FNME-CGT
Frédéric Imbrecht, secrétaire général de la FNME analyse le contexte d’une rentrée sociale qui s’annonce offensive. La CGT travaille à une mobilisation unitaire et de grande ampleur.

Gouvernement et Medef n’ont pas marqué de trêve cet été pour mettre en œuvre leur politique de régression sociale.

En effet, cet été aura été un de plus rudes qui soit pour les salariés et les chômeurs. Le gouvernement accélère sa politique de régression sociale, de manière brutale en procédant par ordonnance. Le gouvernement de Villepin, en moins de dix jours a déchiré des pans entiers des garanties collectives de ce pays, en s’attaquant au droit du travail. Par exemple, en instaurant un contrat pour les nouveaux embauchés qui permet, entre autres, de licencier un salarié sans motif durant les deux premières années. Ces mesures accentuent la précarité mais elles renforcent aussi la pression là où les garanties collectives sont encore solides. On le voit pour le secteur de l’énergie où la dégradation des conditions de travail accentue la pénibilité. A tout cela, et le cours du pétrole y contribue, s’ajoute une baisse du pouvoir d’achat qui rend plus difficile les bouclages de fin de mois pour l’ensemble des salariés, en particulier pour les jeunes qui sont frappés par une crise inédite du logement.

Bernard Thibault a qualifié cette rentrée de « bien différente des autres ». Quel en est l’enjeu ?

Face à ce qui apparaît comme un rouleau compresseur, surtout après le 29 mai où une nouvelle fois le message n’a pas été entendu, on pourrait continuer à noircir la liste des mauvais coups . Ceci étant, nous pensons que c’est en partant des exigences des salariés pour changer concrètement la situation qu’il est nécessaire de travailler rapidement à de larges mobilisations unitaires, professionnelles et interprofessionnelles. Leur efficacité n’est plus à démontrer comme le prouve la lutte, cet été, des salariés polonais de St Nazaire qui montre que l’on peut gagner, y compris dans des endroits où les salariés sont les plus précarisés socialement et syndicalement. Cela relève de la responsabilité des organisations syndicales dans un secteur comme le nôtre où le syndicalisme a plus les « moyens » qu’ailleurs de rassembler les salariés. C’est véritablement l’enjeu de cette rentrée pour, à partir des résistances, engager un véritable mouvement de conquêtes sociales. Les meetings qui se tiennent tout ce mois de septembre y contribuent largement.

Au moment où nous vivons une crise énergétique sans précédent, la CGT parle de redimensionner la bataille contre l’ouverture du capital d’EDF. Pourquoi ?

Nos sociétés entrent dans une période de déficit énergétique historique liée notamment à la crise du pétrole. Tout le monde reconnaît que nous nous en « sortons » mieux que d’autres pays européens grâce, selon les termes mêmes de notre Premier Ministre, « à EDF-GDF et au parc nucléaire dont s’est doté la France dans les années 1970 ». C’est pourquoi nous pensons qu’il est incohérent, dans le contexte, de poursuivre le processus de privatisation qui priverait les entreprises d’investissements importants pour la recherche, le développement des moyens de maîtrise de l’énergie, de nouveaux moyens de production tels le nucléaire et les énergies renouvelables assurant notre indépendance. Cette lutte contre la privatisation dépasse celle des seuls énergéticiens, c’est pourquoi la confédération a engagé toutes ses organisations dans une bataille qui doit être aussi celle des associations des consommateurs, de défense des services publics ou encore des confédérations syndicales et partis politiques

Quelles sont les premières perspectives d’action ?

Fin août la fédération a organisé une journée d’étude afin de finaliser la nature des contenus revendicatifs à verser au débat avec les personnels. Tel était aussi le sens des journées d’études des 1er et 2 septembre de notre Ufict. Interfédérale entre le 5 et 9 (voir issue)

Le 25 août la confédération CGT et ses unions départementales se sont prononcées pour la construction d’une mobilisation unitaire interprofessionnelle, rapide et de grande ampleur. Elle est envisagée début octobre sur les thèmes emploi, garanties sociales, dignité, défense des services publics.

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