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Guirec Gombert.| Le Figaro le 26 février 2007

LBO, mode d’emploi

lundi 26 février 2007 par Guirec Gombert

L’acquisition par emprunt, ou LBO pour Leverage By Out, est monnaie courante sur les marchés financiers. Elle est utilisée pour racheter des entreprises avec un minimum de fonds. Mais c’est aussi une pratique fortement critiquée pour ses conséquences économiques et sociales.

A chaque problème sa solution. Les investisseurs motivés mais peu fortunés ont trouvé leur solution pour racheter des entreprises : le LBO. Cette technique d’acquisition financière par effet de levier s’est développée dans les années 70 pour devenir courante aujourd’hui. L’idée en est relativement simple. L’entreprise X, spécialisée dans la vidéo en ligne, réalise un bénéfice net par an qui vous apparaît, vous investisseur, des plus intéressant. Votre ambition est dès lors d’en devenir actionnaire majoritaire. Seulement, votre portefeuille est limité. Pour contourner le problème, vous créez une holding qui va l’acquérir par emprunt. Bien évidemment, vous escomptez rembourser cet emprunt par les bénéfices de l’entreprise. En effet, il sera financé par la remontée des cash-flows nets de la cible vers la holding.

Qu’est-ce que l’effet de levier ? Votre apport personnel est de 4 millions d’euros, votre cible en vaut 10. Pour monter votre holding vous empruntez 1 million d’euros. Votre société vaut donc cinq millions d’euros. Pour acquérir X vous empruntez à nouveau auprès des banques 5 millions d’euros. Ainsi entre votre holding, 5 millions d’euros, et l’emprunt, 5 millions, X est vôtre. C’est l’effet de levier. A partir d’une somme réduite vous vous emparez d’une entreprise qui pèse cinq fois plus que votre apport personnel initial. Reste à rembourser votre emprunt.

Effet pervers. La difficulté du mécanisme est de ne pas acculer la société achetée à la faillite. En effet, votre holding réclame des sommes importantes pour rembourser sa dette. Il faut donc que la société fasse remonter des sommes importantes. Au risque de l’étouffer. Après trois ans de restructuration, trois firmes déclaraient vendre leurs participations dans Burger King. Auparavant, elles prenaient 367 millions de dollars sur le groupe. En France, des syndicalistes ont monté des collectifs "anti-LBO" afin de dénoncer ces rachats. De plus en plus d’entreprises sont rachetées par des LBO successifs les endettant chaque fois plus. Ces montages financiers sont aussi de plus en plus utilisés par les entrepreneurs afin de revendre leurs entreprises. Les cadres dirigeants en deviennent les propriétaires, la succession est assurée.

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