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CHRISTIAN CARRERE | La Marseillaise le 05.12.2007

LES NET CACAO DÉFENDENT LEURS EMPLOIS

jeudi 6 décembre 2007 par Christian Carrère
Saint-Menet. Grève largement suivie hier à l’usine Ex-Nestlé, pour la pérennisation du site.

Norbert Sanchez, responsable du syndicat CGT de Net Cacao, ne tourne pas autour du pot. « Ce qu’on veut, c’est que l’usine tourne. » On a donc « besoin de savoir quelles sont les intentions des pouvoirs publics. Les guerres entre Nestlé et Net Cacao, ce n’est pas notre affaire ».

Et comme remonté par les réactions approbatrices de ses copains de travail, il ajoute : « On y travaille depuis 4 ans. 2 ans de lutte pour garder l’usine, 2 ans pour la faire marcher en apportant la démonstration qu’elle est viable et qu’elle a de l’avenir. » A ses côtés, Bernard Gleize, représentant la fédération CGT de l’agroalimentaire, abonde dans le même sens. « Quand la lutte des Nestlé a arraché la reprise de la chocolaterie, 17 prétendants ont postulé. Les pouvoirs publics ont voulu choisir le repreneur. Ils ont donc la responsabilité de pérennité du site et de ses emplois. » Et de poursuivre : « L’usine tourne. Certes, Net Cacao a effectué des investissements mais les salariés ont mis la main à la pâte, et apporté la démonstration de l’efficacité d’une usine que Nestlé disait non rentable : aujourd’hui Net Cacao sort des produits moins chers de 15% à ceux fabriqués par Nestlé. »

Pas question donc pour les quelque 90 grévistes rassemblés hier matin devant la préfecture « d’imaginer que l’on ne prenne pas les dispositions nécessaires à la pérennité de l’usine ». D’autant que, au moment de la reprise par Net Cacao, avait été fixé l’objectif des 300 emplois. Il y en a aujourd’hui 190. C’est tout cela que les manifestants, dont une délégation devait être reçue par le Directeur de cabinet du préfet, entendaient rappeler aux pouvoirs publics.

Le délibéré rendu le 7 décembre

Dans un contexte marqué par l’attente du délibéré du tribunal de commerce de commerce Paris qui devrait être rendu vendredi prochain, 7 décembre. Suite au procès intenté à Nestlé par Net Cacao avec demande d’annulation du contrat, pour cause de non conformité des installations avec celles annoncées. Donc, du non respect de l’accord entre les deux entreprises.

Les salariés qui refusent de voir leur devenir, celui de leurs usines et celui de leurs emplois, suspendus à une décision de justice étaient hier en grève. Une grève de 4 heures par équipe (matin, après-midi et nuit) très largement suivie. « Au moins deux tiers de grévistes », estimait Norbert Sanchez en début d’après-midi. Ce n’est pourtant pas faute pour la direction de Net Cacao d’avoir tenté de dissuader le personnel de participer à cette action. Distribution de tracts à l’appui. Tracts formulant les réponses de la direction aux « questions hypothétiques d’un salarié de Net Cacao » (sic).

Des réponses qui alternent le bâton et la carotte. Cela va du danger que la grève fait peser sur la confiance « des clients, des investisseurs, des organismes financiers » pouvant conduire au dépôt de bilan, à l’affirmation que le procès demandant l’annulation du contrat de trois ans… pourrait faciliter la prolongation de celui-ci. L’opération a fait long feu, comme en témoigne la participation à la grève et celle à la manifestation devant la préfecture, où l’on notait la présence aux côtés des ex-Nestlé, de nouveaux embauchés.


RETROUVAILLES SOLIDAIRES

Si les salariés de Net Cacao étaient venus nombreux devant la préfecture, ils n’y étaient pas seuls. Des anciens Nestlé qui avaient mené la lutte pour la sauvegarde du site avaient tenu à être à leurs côtés. Dont Chantal en préretraite, Muriel « au chômage en attendant la création de (son) entreprise », ainsi que Patrick Candela, Yves Durand et Robert Caprini, anciens responsables du syndicat CGT Nestlé. Bernard Gleize de la fédération CGT de l’agroalimentaire et Eric Chenais de l’UD-CGT étaient aussi présents. Ils ont d’ailleurs participé à la délégation reçue en préfecture. Egalement de la manif, Marcel Benassi, conseiller municipal communiste, l’un des fondateurs du comité de défense, indiquait que « l’important n’est pas de savoir qui va gagner le procès, mais de sauvegarder les emplois ».

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