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CHRISTIAN CARRERE | La Marseillaise le 8 août 2007

LES SALARIES DE FRALIB PRETS A RELEVER LE DEFI

mercredi 8 août 2007 par Christian Carrère

Unilever : malgré des résultats exceptionnels, la multinationale programme 20 000 suppressions d’emploi. Gérard Cazorla, secrétaire CGT du Comité d’entreprise de l’usine Fralib à Gémenos, annonce la couleur. « Nous ne laisserons pas faire et, dès la rentrée, nous allons organiser la riposte des salariés… comme nous savons le faire. »

Appelé sur son portable, le syndicaliste a accepté de sacrifier quelques instants de ses vacances, le temps de réagir, à la demande de La Marseillaise, aux annonces de restructuration dans la multinationale Unilever. L’avertissement est clair. Et la détermination avec laquelle les salariés de l’usine productrice du Thé Lipton ont lutté pour empêcher que le plan en cours sur le site se traduise par des « licenciements secs » lui donne toute sa crédibilité.

D’autant que Gérard Cazorla a très mal avalé le fait que l’annonce de la ponction ait été effectuée « en pleine période de congés, au début du mois d’août ». Pas étonnant dès lors que la riposte ait été exprimée sur la lancée. Surtout que l’annonce des mesures a été précédée de celle des résultats financiers au deuxième trimestre 2007. Bénéfice net : 1,2 milliard d’euros sur trois mois ; en augmentation de 16% !

Des chiffres calculés sur la base de ceux de l’année précédente, en l’occurrence 2006, qui avaient fait exploser les prévisions les plus optimistes. 5,4 milliards d’euros quand les estimations se situaient dans une fourchette située entre 4,25 et 4,5 millions. Voilà qui méritait bien les félicitations adressées aux salariés dans la matinée de jeudi dernier par Patrick Cescau, le patron français du groupe.

Mais quelques instants plus tard, le même dévoilait ses « projets d’avenir » devant la presse. Soit d’ici 2010, la suppression de 20 000 emplois sur un total de 179 000 dans le monde, et la fermeture de 50 à 60 usines de production sur 300 sites industriels Unilever au plan mondial. A comparer avec aux 295 000 salariés que la multinationale comptait en 2000.

La nouvelle a été plutôt bien accueillie par la Bourse d’Amsterdam qui a immédiatement réagi : le cours de l’action Unilever a augmenté de 4% dans la séance. Moins bien accueillie, on s’en doute par les responsables syndicaux, convaincus de traduire le sentiment de leurs collègues de travail.

Même si, précise Gérard Cazorla « la chose ne nous étonne pas trop. Ce n’est pas la première restructuration chez Unilever ». Et de rappeler qu’en 2000, dans le cadre d’un « chemin vers la croissance », une machine s’est mise en route qui a entraîné « la suppression de 80 000 postes et la fermeture de 130 usines ». Entre 1999 et 2007, « les effectifs salariés d’Unilever en France sont passés de 12 000 à 4 500 ».

Le plus gros de la ponction, estime le syndicaliste sur la base des déclarations des directions elles-mêmes avec « un ciblage privilégié sur l’Europe de l’Ouest ». Unilever y parle en effet de « surcapacités, notamment en matière de condiments, de lessives en poudre, et de glaces ». En France, précise le syndicaliste, « sont particulièrement menacés deux usines Knorr, des sites Amora dont certaines activités sont déjà délocalisées en République tchèque ».

Et le même de rappeler qu’à Fralib Gémenos, dans « son » usine, le plan en cours doit ramener à 202 un effectif jusque-là de 248.


A propos du coût du travail

Bien que les directions d’Unilever n’aient pas communiqué le détail géographique des ponctions d’effectifs et des fermetures d’usines annoncées jeudi dernier, elles ne cachent pas que l’Europe de l’Ouest fera l’objet d’un ciblage particulier. Ce qui ne constituerait jamais que la poursuite, voire l’aggravation, d’une tendance déjà constatée. Motif avancé pour justifier une telle « priorité » : un coût du travail trop élevé. Un argument auquel Olivier Leberquier, responsable CGT à Gémenos, tord… le cou. Ainsi, fait-il observer, « sur une boîte de sachets de thé Lipton ou d’infusion produit à Fralib (l’usine Unilever des Bouches-du Rhône) vendue entre 1,70 et 2,40 euros, le coût du travail -salaires et charges- est à peine de 14 centimes ». Que faire de plus demande le syndicaliste ?

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