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Isabelle Masson | Energie syndicale

La CGT à Cycofos faire-part de naissance

jeudi 26 novembre 2009 par FNME-CGT

Lovée au coeur du gigantesque site industriel d’Arcelor-Mittal à Fos sur Mer, la nouvelle unité de production électrique de GDF-Suez, Cycofos, a été mise en exploitation le 1er septembre dernier. Elle compte aujourd’hui une soixantaine de salariés dont la moyenne d’âge se situe entre vingt-cinq et trente ans. La majorité d’entre eux n’ont aucune expérience syndicale, pourtant, en juillet dernier, un délégué syndical CGT est officiellement mandaté et une section syndicale est créée. Le 20 octobre, les premières élections de représentativité ont eu lieu avec un taux de participation impressionnant : cinquante votants sur cinquante et un inscrits [1] . Avec dix-huit voix, la CGT est la première organisation syndicale et compte trois élus. Retour sur les raisons de cette implantation syndicale. « Nous sommes nombreux à avoir été embauchés début 2008 parce que la centrale devait démarrer fin 2008, mais elle n’a été mise en route que le 1er septembre dernier », explique Jérémy Barbeau, chargé de conduite et délégué syndical CGT du site.

Assez vite, les salariés déchantent…

Une embauche à GDF-Suez qui apparaît comme une bonne opportunité : GDF-Suez est un grand groupe avec des droits et des acquis sociaux… Mais assez vite, les salariés déchantent. Jérémy raconte : « Dès le début on a rencontré des problèmes d’organisation du travail, mais on ne disait plutôt rien, c’est l’accumulation qui nous a fait réagir. Par exemple, dans notre contrat, notamment au niveau de la conduite, il était prévu une super-formation pour la conduite sur pupitre, mais arrivés sur place, nous avons fait beaucoup d’administratif : mise en place des plannings, achat et montage du mobilier… »

Stéphane, agent de conduite renchérit : « On a tous ou presque une expérience de production industrielle, moi j’étais intérimaire à Arcelor. Chaque activité était menée par une personne qualifiée : les mesures chimiques étaient réalisées par un chimiste, la mécanique par un mécanicien… Ici, on nous a embauchés au minimum et on nous demande de tout faire, ce n’était pas prévu au départ ! » Et les sources de mécontentement s’additionnent. La prime de poste – majoration de 30% de la rémunération – est attribuée mais tout est compris dedans : les paniers, les frais de déplacements… Les cycles de travail – jours postés et journées pleines – sont très longs. L’ambiance n’est pas terrible : « Entre les chefs de quart et nous, c’est la confrontation de deux univers, on a du mal à se comprendre », confie Stéphane. Outre les difficultés rencontrées, les questionnements sur les IEG s’accumulent :

« Nous savions que nous avions intégré les IEG (Industries électriques et gazières) mais comment ça fonctionne, quels sont nos droits en termes de congés, de rémunération : on ne savait rien. On ne connaissait que de nom parce que personne ne venait des IEG, sourit Jérémy, nous avions besoin d’aide. Comme l’un d’entre nous avait eu contact avec la CGT dans son ancienne entreprise, nous l’avons interpellée. »

de nombreuses questions, sur le statut notamment, en suspens

La rencontre s’est faite : des militants de la fédération et du syndicat CGT énergie Provence sont venus et ont répondu aux questionnements des salariés. Dans la foulée, une section syndicale est créée, « Cela nous semblait naturel », commente Jérémy. Une section qui compte aujourd’hui dix-sept syndiqués. « Beaucoup de salariés attendent de voir comment les choses vont évoluer et décideront alors de se syndiquer ou non », poursuit le jeune militant. Maintenant que les élections se sont déroulées, les négociations vont pouvoir commencer. Les sujets ne manquent pas : emploi, formation professionnelle, sécurité, logement, classification, conditions et organisation du travail… Reste également à mettre en place le CHSCT : pour cela, la section syndicale a fait appel de candidature auprès des salariés. Les membres CHSCT devraient ainsi être nommés courant du mois de novembre. Enfin, pour aider ces nouveaux élus et mandatés dans leurs activités, la question de la formation syndicale se pose. « J’aimerais bien faire une formation, mais pour le moment, les choses se mettent en place, on attend d’avoir pris pied et on verra ensuite », conclut Jérémy.

Vigilance pour l’avenir

Mi-octobre, les représentants du personnel de plusieurs centrales à cycle combiné gaz de GDF-Suez étaient convoqués par la direction production électricité. Au programme : l’information sur un projet de regroupement. En clair, il s’agit de regrouper en une seule filiale DK6 (Nord), SPEM (Loire Atlantique) et Cycofos – Combigolfe, sous prétexte d’une simplification juridique et de management, en donnant naissance à une société unique d’exploitation d’ici le milieu de l’année 2010. Qui dit société unique dit unification des accords d’entreprise (intéressement, retraite supplémentaire…).

« Les délégués du personnel et les comités d’établissement resteraient dans chaque unité, il serait créé un CCE », précisent les représentants CGT. Seront également examinées les harmonisations des classifications, des indemnités des services continus (ISC)… Pour rassurer le personnel, la direction a annoncé que « personne n’y perdrait ». Les représentants CGT ont déclaré « rester vigilants quant aux propositions de la direction » et se sont engagés à informer le personnel au fur et à mesure de l’avancée du projet.

CyCoFos en quelques chiffres

La centrale CyCoFos est composée de deux lignes de production :

La tranche 1 – à cycle combiné gaz naturel – a une capacité de production de 420 mégawatts, une des plus puissantes de sa catégorie en France.

La tranche 2, qui n’est pas encore achevée, produira 60 mégawatts, en récupérant les gaz produits par les hauts fourneaux d’une aciérie de Sollac, filiale du groupe Arcelor, actuellement brûlés, qu’elle convertira en électricité.

Les deux tranches devaient initialement entrer en service fin octobre 2008. La tranche 1 est exploitation depuis le 1er septembre 2009. Pour la tranche 2, c’est prévu pour mi 2010.

[1] Le nombre d’inscrits correspond aux salariés présents sur les sites de Cycofos et Combigolfe – petite annexe implantée à quelques kilomètres et qui est rattachée administrativement à Cycofos – trois mois avant la tenue des élections.

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