Liste des auteurs

Artcle de Pascal Dronne paru dans L’humanité du 27 septembre 2006

La CGT dénonce la précarité dans la construction

mercredi 27 septembre 2006 par Pascal Dronne
BTP . L’organisation syndicale réclame une amélioration des salaires et la stabilité de l’emploi. Journée de mobilisation prévue le 9 octobre.

La moitié des jeunes formés aux métiers du bâtiment et travaux publics (BTP) n’intègrent jamais le secteur ou le quittent au bout de deux ans. Un constat dressé par la Fédération nationale des salariés de la construction CGT. Hier, lors d’une conférence de presse, l’organisation syndicale a proposé des pistes pour inverser la tendance. « Nous demandons des emplois stables et une augmentation des salaires de 20 % », souligne Éric Aubin, secrétaire général de la fédération.

« La précarité a explosé. L’intérim est utilisé massivement. En 1995, on comptait 61 000 intérimaires dans le BTP. En 2006, ils sont 150 000. 110 000 salariés ont signé un contrat nouvelle embauche (CNE), à la place d’un CDI ou d’un CDD dans 90 % des cas, selon une étude de la DARES. L’annualisation du temps de travail implique parfois des semaines de 46 heures Dans ces conditions, difficile d’attirer la main-d’oeuvre », ajoute-t-il. Une situation paradoxale dans un secteur où la demande de travail est forte. La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) n’a pas hésité à promouvoir le CNE dans les entreprises de moins de vingt salariés. « Nous irons devant les tribunaux pour casser ce contrat », promet Éric Aubin.

Ces trois dernières années, les salaires n’ont augmenté que de 6 à 8 %, selon la CGT. La règle reste l’embauche au SMIC. « Les salaires sont négociés dans chaque région. Aujourd’hui, un diplômé qui arrive dans le secteur commence au SMIC alors qu’il pourrait prétendre à mieux. Beaucoup de collègues s’apparentent à des travailleurs pauvres », s’insurge Bruno Cornet, responsable de la politique revendicative de la fédération. « Parfois, un jeune qui sort de l’école doit attendre six ou sept ans pour atteindre l’échelon auquel il avait le droit dès le début de sa carrière. Au bout de dix ou quinze ans dans le bâtiment, un salarié qualifié ne touche, en moyenne, que 1 250 euros net », insiste Michel Manier, responsable de l’Union fédérale des cadres et des techniciens du secteur de la construction.

L’organisation syndicale refuse une refonte des conventions collectives. « Certains veulent instituer le forfait jour comme règle, contre l’avis de la cour européenne de justice. La revalorisation des salaires et un véritable déroulement de carrière sont les solutions que nous prônons », martèle Éric Aubin. La CGT appelle les employés de la construction à se mobiliser pour ces revendications le 9 octobre.


La retraite à 55 ans revendiquée

L’article 12 de la loi Fillon sur les retraites de 2003 prévoit la définition de critères de pénibilité qui pourraient entraîner un départ à la retraite anticipé. Ouvertes en février 2005, les négociations dans la construction n’ont jamais abouti. « Dans de nombreux cas, les ouvriers passent du chantier au cimetière. Leur espérance de vie est de sept ans inférieure à celle d’un cadre », soupire Éric Aubin. La CGT demande la retraite pleine et entière à 55 ans. 80 000 salariés seraient concernés. 1,5 million de personnes travaillent dans le BTP.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !