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Un article de François-Xavier Bourmaud paru dans Le Figaro du 19 avril 2006

La CGT s’appuie sur son congrès pour porter ses revendications

mercredi 19 avril 2006 par François-Xavier Bourmaud
Après la crise du CPE, la centrale s’estime en position de force pour engager le bras de fer avec le patronat sur la flexibilité.

AMBIANCE détendue et revendicative à la CGT. Après avoir obtenu le retrait du contrat première embauche (CPE) et moins d’une semaine avant l’ouverture de son 48e congrès, c’est un Bernard Thibault en position de force qui a voulu replacer hier la CGT au centre des débats sur l’emploi en général et la flexibilité en particulier.

Sur le fond, la position de la centrale n’a pas bougé d’un pouce depuis la publication du projet d’orientation qui sera soumis au vote des délégués cégétistes pour le congrès. Il s’agit toujours de dénoncer la précarité, la financiarisation de l’économie, de défendre le Code du travail et de revendiquer l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle.

Mais après la crise du CPE et la démonstration de force de la rue - avec la CGT en cheville ouvrière du mouvement -, les arguments de la centrale ont repris du poids. C’est du moins ce que veut croire Bernard Thibault qui prévient : « Aujourd’hui nous sommes plus forts pour exiger du patronat des discussions réelles et sérieuses sur les moyens de faire reculer la précarité. » Commentant la lettre de Laurence Parisot, la présidente du Medef, invitant les organisations syndicales à la table des négociations, le leader de la CGT juge ainsi la proposition « rédigée en termes suffisamment vagues pour ne pas engager à grand-chose. Elle laisse apparaître une philosophie qui ne semble pas avoir beaucoup changé avec le mouvement du CPE : il s’agit toujours de discuter de flexibilité, de séparabilité... » Bref : « les employeurs voient toujours le Code du travail comme le mauvais petit livre rouge qu’il faudrait détruire. Il n’y a rien de très nouveau là-dedans, sauf ce qui s’est passé depuis le début de l’année... »

« Syndicalisme rassemblé »

En clair, le syndicat s’est refait une santé sur le dos du CPE, à la veille d’un congrès qui déterminera pour les trois années à venir les objectifs de la CGT et les moyens pour les atteindre. Or toute cette stratégie avait été exposée dans le projet d’orientation publié début 2006. Un projet dont la crise a validé, selon Bernard Thibault, tous les aspects. « A la relecture de ce document, publié avant la crise du CPE, nous trouvons confirmation de la pertinence de bons nombres de sujets proposés à la discussion », note le patron du syndicat. Et notamment sur la notion de « syndicalisme rassemblé » que défend la CGT. De fait, le front uni présenté face au gouvernement tout au long de la crise a été l’une des clés du succès des syndicats. « Cela a en tout cas démontré que le pluralisme syndical de notre pays ne nous condamne pas à la division permanente », a noté Bernard Thibault.

Avec une analyse confortée de la sorte, le secrétaire général du syndicat ne devrait pas avoir de mal à décrocher son troisième mandat d’affilée à la tête de la CGT . Ce qui ne veut toutefois pas dire que ses opposants ont désarmé. Quelques centaines d’amendements au projet d’orientation ont ainsi été déposés.

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