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L’Humanité le 31 janvier 2007 | Thomas Lemahieu

La CNAM en lutte contre le déni du risque

mercredi 31 janvier 2007 par Thomas Le mahieu
Santé au travail . L’assurance maladie veut inciter les salariés exposés à des produits cancérogènes à établir des déclarations de maladies professionnelles.

Selon un sondage - IPSOS pour la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), rendu public hier matin, un quart des salariés pensent être personnellement exposés à un risque de cancer professionnel. Les ouvriers, en particulier, sont 43 % à exprimer cette crainte. Selon la dernière enquête SUMER (surveillance médicale des risques professionnels) réalisée par des médecins du travail, 2,3 millions de salariés se trouvent potentiellement exposés à des produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques et, d’après l’Institut national de veille sanitaire (InVS), l’origine professionnelle des cancers peut être fortement suspectée dans 4 à 8,5 % des cas, ce qui - représente entre 11 000 et 23 000 nouveaux cas par an. Or, tant sur le plan de la reconnaissance de l’origine professionnelle de la maladie qu’au niveau de la prévention sur les lieux de travail, les entreprises profitent encore largement du déni du risque : en 2005, 2 059 cas de cancers professionnels seulement ont été reconnus par la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de l’assurance maladie, financée exclusivement par les cotisations patronales. Ce qui signifie qu’une bonne part des dépenses dues aux cancers professionnels sont reportées sur l’assurance maladie, alors qu’elles devraient être à la charge exclusive des employeurs.

faire valoir le « principe de précaution »

C’est dans ce contexte que la prévention des cancers - professionnels a été retenue comme « un axe prioritaire en 2007 » pour l’assurance maladie. Pour Gilles Evrard, directeur des risques professionnels à la CNAM, il s’agit, d’une part, d’inciter à la déclaration des cancers comme cancers professionnels et, d’autre part, de faire valoir le « principe de précaution » pour les salariés exposés à des produits potentiellement dangereux. « Il existe un écart important entre les estimations scientifiques de cancers professionnels et les reconnaissances. Les déclarations de cancers professionnels sont très insuffisantes par rapport à ce qu’on peut estimer être la réalité. En nous adressant en priorité aux médecins, l’une de nos actions est dès lors d’encourager ces déclarations quand une pathologie peut être attribuée à une cause professionnelle. »

Afin de « prévenir les cancers professionnels de demain », la CNAM, qui a formé l’année dernière 600 ingénieurs-conseils, mène une action en direction des entreprises « au cas par cas » et des branches. « Dans le contexte d’externalisation, la responsabilité des donneurs d’ordres ne nous échappe pas, explique Jean-François Certin, coordinateur du programme cancers professionnels de la CNAM. Mais ce n’est pas si facile de leur imposer de prévenir les risques dans les PME qu’ils font travailler, on ne peut pas intervenir sur les procédés sous-traités. »

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