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Un article de Julie Desné paru dans Le Figaro du 24 janvier 2006

La Chine consolide son pacte pétrolier avec l’Arabie saoudite

mardi 24 janvier 2006 par Julie Desné
Le royaume a fourni en moyenne 400 000 barils de brut par jour à Pékin en 2005, contre 1,43 million de barils livrés aux Etats-Unis.

ALORS que son économie est toujours plus gourmande en énergie, la Chine déroule le tapis rouge au roi d’Arabie saoudite, premier fournisseur de Pékin. Le président Hu Jintao et le roi Abdallah se sont entretenus hier dans la capitale chinoise. Cinq accords ont été signés entre les deux pays, l’enjeu véritable de cette visite résidant dans un seul projet : l’accord portant sur le pétrole et le gaz, paraphé par le ministre saoudien du Pétrole et le ministre de la Commission des réformes et du développement chinois. Ce texte fixe un cadre pour les investissements futurs dans le secteur de l’énergie.

Seize ans après avoir établi des relations diplomatiques, les deux pays sont d’accord pour resserrer leurs liens. Riyad est le premier fournisseur de pétrole de la République populaire, assurant 17% de ses importations d’or noir. La Chine est déjà le deuxième consommateur de pétrole de la planète, juste derrière les Etats-Unis. Avec une demande qui croît au rythme de 15% par an, elle pourrait doubler la consommation américaine dans la décennie à venir.

Confronté à un bond de ses besoins en énergie depuis deux ans, Pékin n’a de cesse d’envoyer ses compagnies pétrolières prospecter de nouveaux approvisionnements. Ses importations ont atteint 130 millions de tonnes en 2005.

La Saudi Aramco collabore avec Sinopec

Venezuela, Nigeria, Kazakhstan : la République populaire est ouverte à tous pourvu qu’ils puissent lui assurer les ressources indispensables pour alimenter sa croissance économique supérieure à 9%. L’Arabie saoudite n’échappe pas à cette quête et la deuxième compagnie pétrolière chinoise, Sinopec, fore déjà dans le désert saoudien.

Pour Riyad, l’enjeu est de taille. Comme l’a souligné hier le prince Saoud al-Fayçal, « la Chine est un des plus importants marchés » du monde. Les exportations de brut de l’Arabie saoudite vers Pékin ont doublé entre 2002 et 2004, à 20,1 millions de tonnes sur les onze premiers mois de 2005.

Riyad voudrait se détacher de Washington

Les compagnies pétrolières saoudiennes ont déjà mis un pied sur le sol chinois. En août dernier, la compagnie d’Etat Aramco a signé un accord de partenariat avec Sinopec et Exxon Mobil, pour l’extension d’une raffinerie dans une province du sud-est de la Chine. Le bras pétrolier du gouvernement saoudien travaille également sur un projet de raffinerie dans le port de Qingdao au nord est du pays, toujours avec Sinopec.

Sur le plan politique, le rapprochement avec Pékin permet à Riyad de se détacher de Washington. L’Arabie saoudite a fourni en moyenne 400 000 barils de brut par jour à la Chine en 2005, contre 1,43 million aux Etats-Unis. Une dépendance vis-à-vis de la politique américaine que les autorités saoudiennes aimeraient assouplir.

Un souci partagé par les autres pays de l’Opep avec qui la Chine a engagé, fin décembre, des discussions informelles pour la première fois. L’Opep veut s’assurer d’être en bonne place pour approvisionner l’économie chinoise, alors que la Russie, déjà 4e fournisseur de Pékin, est en train de construire son pipeline transsibérien.

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