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Un article de Julie Desné paru dans le Figaro du 23 aout 2005

La Chine pourrait commander trente supertankers

mardi 23 août 2005 par Julie Desné

Avec une économie qui croît au rythme de 9,5% par an, l’appétit énergétique de la Chine ne faiblit pas. Et la question de l’approvisionnement devient très sensible pour le deuxième consommateur de pétrole du monde. La récente pénurie qui touche la province du Guangdong, au sud, montre que l’État central doit réagir vite s’il ne veut pas hypothéquer la marche de son développement.

Obnubilé par la sécurisation de ses approvisionnements, le gouvernement chinois a lancé un vaste programme de réserve de pétrole, en cours de constitution. Mais le nerf de la guerre se trouve dans le transport maritime. 90% du pétrole importés en Chine transitent par voie maritime et la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur s’accroît d’année en année. Aujourd’hui 43% des besoins en or noir sont assurés par les importations, selon les statistiques officielles. Et l’Agence internationale de l’énergie prévoit que ce ratio dépassera 50% en 2010 et atteindra 82% en 2030.

Pourtant, seulement 12% des importations d’hydrocarbures sont acheminés par des bateaux chinois. Un comble pour le troisième constructeur naval mondial. D’autant que le secteur croît rapidement (+ 26% par an) depuis 2000, selon Zhang Guangqin, vice-ministre de la Commission des sciences et technologies et de l’industrie pour la Défense, qui règlemente le secteur. Évoquant les 120 millions de tonnes de pétrole importées, le responsable chinois déplore que « seulement une petite part (soit) transportée par des navires locaux ».

Une tendance qui pourrait rapidement s’inverser avec la demande des transporteurs locaux. Cosco, numéro un chinois du transport maritime, a déjà commandé cinq supertankers au Japon, attendus entre 2007 et 2009 et pourrait avoir besoin de dix navires supplémentaires de ce gabarit. Li Shaode, président du numéro deux China Shipping, a de son côté annoncé début août, son intention de commander quinze supertankers.

Quant à Nanjing Changjiang Oil Transportation, il serait en pourparlers avec le chantier de Shanghaï pour une commande de six navires. Près de trente navires géants seraient donc nécessaires pour répondre aux besoins des transporteurs chinois. Et la République populaire compte soutenir ses industriels, pour que 50% de son pétrole importés naviguent sur ses propres pétroliers d’ici à 2010, à coups de subventions et de grands travaux pour moderniser les infrastructures.

Ces bateaux croiseront ensuite sur presque toutes les mers du monde. La moitié du pétrole importé en Chine provient aujourd’hui du Moyen-Orient. Mais Pékin diversifie ses approvisionnements. En Asie d’abord, avec l’Indonésie ou encore les Philippines. Et en Amérique ensuite, malgré l’échec de Cnooc, numéro trois du pétrole chinois, dans le rachat d’une compagnie américaine. Les partenariats se multiplient dans la zone comme avec le Venezuela qui s’est engagé en juin à livrer près de 30 000 barils par jour pendant un an.

Avec ces perspectives, la Chine se rêve déjà en numéro un de la construction navale d’ici à 2015. Mais pour cela, il faudra rattraper le Japon et la Corée du Sud qui détiennent presque 80% de la construction navale mondiale. Et « si la Chine veut les dépasser, nous devons doubler production actuelle », estime pour sa part Yang Xinfa, secrétaire général de l’Association de l’industrie de la construction navale de Shanghaï.

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