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Christelle Chabaud | L’Humanité du 4 mai 2007

La FNAC, de l’« esprit collectif » à la Bourse

vendredi 4 mai 2007 par Christelle Chabaud
Distribution . Journée d’action nationale, aujourd’hui, contre la logique boursière imposée par le groupe PPR.

Une grève nationale lancée par sept syndicats, cela n’arrive pas tous les jours à la FNAC. Aujourd’hui, si les 13 000 salariés sont appelés à interrompre leur travail, il s’agit rien de moins que de dénoncer les évolutions imposées par le groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) depuis son entrée au capital en 1994. « De la gestion sociale à la relation client et à la conception de l’accès à la culture, tout est en passe d’être standardisé, explique ainsi une salariée de la FNAC Montparnasse. On l’a vu par exemple au début de l’année avec la suppression de la ristourne permanente de 5 % sur les livres. »

La semaine dernière, le lancement d’un plan social prévoyant la suppression de plus de 400 emplois dans les services administratifs, d’ici l’été 2008, a fini de mettre le feu aux poudres (cf. l’Humanité du 26 avril). Faut dire que depuis un an, les restructurations s’accélèrent : les 49 magasins FNAC service ont fermé, des FNAC périphéries ont fait leur apparition hors des centres-villes avec des effectifs réduits et une part variable du salaire considérablement accrue, et début 2007 le refus par l’ensemble des syndicats d’un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences n’a permis que d’écarter pour un temps les projets de mobilité permanente du personnel désirés par la direction. Par des débrayages et des rassemblements, notamment en début d’après-midi devant la FNAC des Champs-Élysées, « le mouvement d’aujourd’hui se veut un regroupement de tous les mécontentements accumulés et exprimés par des grèves tournantes dans beaucoup des 73 magasins français », éclaire André Chapuis de la CGT.

Face à cette montée des inquiétudes, Denis Olivennes, le PDG de la FNAC, « préfère se lancer dans une tournée des grands ducs pour tenter de casser la grève », ironise Adrien Pettré, délégué du syndicat SUD. Durant toute la semaine, le « grand patron » a en effet enchaîné les visites dans les magasins parisiens pour, selon ses dires, « rectifier un certain nombre de contre-vérités quant à la nécessaire modernisation de l’entreprise ». Ce PDG qui se revendique « pas comme les autres » a même envoyé par mail à chacun des salariés un petit film de trois minutes le mettant en scène. Partout, la teneur du discours est la même : « Les conflits à répétition sont suicidaires parce qu’ils cassent notre image de marque auprès des clients », il est normal que la FNAC cherche « à mieux reconnaître ceux qui se battent, ceux qui s’engagent (...) mais nous conserverons toujours l’esprit collectif de la maison ».

Concernant la suppression programmée des 400 postes administratifs d’ici un an, Denis Olivennes dit vouloir « proposer à chacun des salariés qui sont concernés d’autres postes de même niveau, de même rémunération et dans la même zone géographique ». Arithmétiquement impossible, réagit Adrien Pettré. « Les chiffres sonnent faux, sur la FNAC Montparnasse par exemple, 5 créations de postes devraient absorber les reclassements de 14 personnes à temps complet. Les expertises montrent que cette restructuration n’est pas viable économiquement, il s’agit juste de gommer les différences de fonctionnement avec d’autres groupes qui seraient intéressés pour racheter la FNAC ». Depuis 2006, des rumeurs persistantes évoquent des projets de mise en vente de l’enseigne par PPR.

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