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Article de Olivier Truc paru dans Le Monde du 5 décembre 2006

La Norvège ne connaît plus ni chômage ni inflation

mardi 5 décembre 2006 par Olivier Truc

L’économie norvégienne est en ébullition. Le taux de chômage est tombé, en novembre, à 2,1 %, son plus bas niveau depuis dix-huit ans. Et pourtant l’inflation reste basse. C’est l’apparent paradoxe norvégien.

Les chiffres du marché du travail, publiés jeudi 30 novembre, à Oslo, témoignent d’un niveau extrêmement bas à la fois à l’échelle internationale et dans une perspective historique norvégienne.

Cela fait maintenant trois ans que la Norvège connaît une conjoncture très soutenue, servie par des prix du pétrole et du gaz élevés, déterminants pour ce pays qui est le troisième exportateur mondial d’hydrocarbures. Le chômage est en baisse constante depuis treize mois. La Norvège ne compte plus que 50 200 demandeurs d’emploi pour 4,6 millions d’habitants.

Résultat : le patronat se plaint de plus en plus du manque de personnel. Selon des estimations publiées par NHO, la confédération patronale norvégienne, le manque à gagner pour les entreprises du royaume s’élèverait à quelque 70 milliards de couronnes (8,6 milliards d’euros) à cause du manque de main-d’oeuvre : 70 000 personnes supplémentaires auront été employées en 2006, et 55 000 autres devraient l’être en 2007 selon les prévisions de NHO.

Parmi les effets positifs de cette surchauffe, on note que la plupart des groupes d’immigrés connaissent aussi un déclin du taux de chômage, traditionnellement élevé parmi eux. "On constate que des groupes marginalisés comme les femmes immigrées pénètrent pour la première fois le marché du travail", a ainsi déclaré Shakeb Syed, de la banque suédoise Handelsbanken, au magazine E24.

SSB, l’office des statistiques, a constaté fin novembre que le taux de chômage parmi les immigrés baissait désormais plus vite que dans l’ensemble de la population. Pour Per Marten Larsen, conseiller du ministère du travail, il est probable que l’emploi va continuer à augmenter et le chômage à baisser légèrement, "car nous avons à la fois une politique monétaire expansive et une politique financière expansive".

Les taux d’intérêt demeurent relativement bas, même si la Banque de Norvège a augmenté son taux à 3,25 % début novembre, et le gouvernement de centre-gauche en place depuis un an mène une politique où le secteur public dépense plus généreusement en ce moment.

CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ

Pourtant, l’inflation demeure proche de l’objectif de 2,5 % que s’est fixé la banque centrale. Cela tient notamment à la bonne croissance de la productivité, aux importations de produits bon marché et aussi à l’utilisation très importante, à l’échelle norvégienne, de main-d’oeuvre étrangère, ce qui contribue à calmer, sans les empêcher, les revendications salariales inflationnistes.

"Cet apport est surtout marquant depuis l’élargissement de l’Union européenne en mai 2004, souligne M. Larsen. Même si nous ne savons pas combien d’étrangers sont arrivés d’Europe, on estime qu’environ 50 000 Polonais sont entrés l’an dernier."

Cet engorgement du marché du travail inquiète toutefois l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui, dans son dernier rapport, a conseillé à la Norvège d’augmenter son taux d’intérêt pour l’amener à 5 % d’ici à l’été 2007 pour enrayer la surchauffe.

Au troisième trimestre, la croissance des salaires s’est ainsi accrue de 5 %, sur un an, tandis que la hausse était de 3,6 % au trimestre précédent

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