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Le Monde | Paulo A. Paranagua l- Le 15 février 2007

La Paz veut reprendre le contrôle des mines, mais peine à gérer le gaz

jeudi 15 février 2007 par Paulo A. Paranagua

Débordé par des mouvements sociaux, le président bolivien, Evo Morales, relance les nationalisations. Le 9 février, l’armée a occupé une fonderie du groupe suisse Glencore, près d’Oruro. "Le complexe métallurgique Vinto retourne sous le contrôle de l’Etat, a annoncé M. Morales. L’heure est venue de nationaliser toutes nos ressources naturelles renouvelables et non renouvelables."

La Suisse "reconnaît le droit souverain du peuple bolivien", selon son ambassade à La Paz, mais appelle au "respect des droits internationaux et des conventions bilatérales" sur les investissements. "Nous sommes disposés à affronter les plaintes internationales", a assuré M. Morales, qui refuse d’indemniser Glencore.

Le 8 février, la réforme des mines avait été mise à mal par la mobilisation des ouvriers regroupés en coopérative. Après deux jours de manifestations accompagnées d’explosions de bâtons de dynamite à La Paz, les mineurs sont parvenus à geler l’augmentation des taxes sur les exportations minières. Ces protestations intervenaient au moment où la nationalisation des hydrocarbures, décrétée le 1er mai 2006, rencontre des difficultés.

L’entrée en vigueur des 44 nouveaux contrats signés avec les compagnies pétrolières étrangères opérant en Bolivie a été suspendue. Selon l’entreprise publique Yacimientos Petroliferos Fiscales de Bolivia (YPFB), "des erreurs de transcription des noms d’entreprises et des champs gaziers" auraient été constatées. Le ministre des hydrocarbures, Carlos Villegas, "très gêné", a présenté sa démission, qui n’a pas été acceptée.

Deux décisions récentes ont contrarié le ministre. La première a été le choix du troisième patron d’YPFB depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, il y a un an, Manuel Morales Olivera, un militant sans expertise énergétique. La seconde a été la décision d’installer une des directions d’YPFB à Camiri (département de Santa Cruz), considérée jadis comme la "capitale pétrolière de la Bolivie", à la suite d’un mouvement social.

Les manifestants de Camiri avaient bloqué pendant une semaine la route reliant le pays à l’Argentine et au Paraguay, pour exiger "une véritable nationalisation" et une décentralisation d’YPFB favorisant l’emploi local. Une mobilisation dans la région du Chaco (département de Tarija) a débouché sur une concession similaire, alors que M. Villegas était partisan d’une concentration des directions d’YPFB à La Paz, pour en faire une entreprise "opérationnelle".

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