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Article de Pierre-Alexandre Sallier paru sur La Tribune.fr - 08/12/06

La Russie pourrait rouvrir le projet Chtokman aux compagnies occidentales

vendredi 8 décembre 2006 par Pierre-Alexandre Sallier
Le ministre russe de l’Energie évoque à demi-mots des "participants" étrangers pour l’exploitation de l’immense champ gazier. Il y a deux mois, Gazprom avait pourtant annoncé vouloir développer seul ce champ de 3.700 milliards de mètres cubes.

Un peu plus de confusion entoure désormais le développement de l’immense champ gazier sous-marin de Chtokman. Situé à plus de 500 kilomètres de côtes septentrionales de Russie, en pleine Mer de Barents, celui-ci recèlerait des réserves atteignant 3.700 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

La Russie, qui venait de claquer la porte au nez des majors occidentales désireuses de participer à cet immense projet, entrouvre donc à nouveau la porte. "Il est possible que des partenaires soient engagés dans le développement sous différentes formes, comme exécutants d’importantes parts du projet et aussi comme possibles participants", vient de déclarer Victor Khristenko lors de la conférence organisée dans le cadre du Conseil permanent du partenariat Russie-Union européenne sur l’énergie.

Ces déclarations vont dans le sens des propos tenus, la veille au soir, par le président Vladimir Poutine, selon lesquels le choix de Gazprom comme seul initiateur de ce projet de 20 milliards de dollars pourrait être révisé. Un revirement total par rapport à la décision du monopole russe du gaz naturel de se lancer seul dans l’aventure le 9 octobre dernier.

"Il n’y a pas de contradiction dans la position de la Russie sur Chtokman", n’en a pas moins rétorqué le ministre russe. Selon ce dernier, les conditions posées par Gazprom pour accepter d’éventuels partenaires étrangers étaient de recevoir "des propositions adéquates en termes [d’échanges] d’actifs... de telles offres, à même de correspondre à la taille et aux réserves uniques de Chtokman, ne se sont jamais concrétisées".

A en croire ce dernier, les négociations ont donc changé. Moins que de monter un consortium se partageant les richesses de cet immense champ, il s’agirait surtout de sélectionner des exécutants. Ces atermoiements n’ont pas empêché Andris Piebalgs, commissaire européen à l’Energie, d’exprimer l’espoir que les compagnies européennes qui étaient dans la liste des pré-sélectionnées, et qui disposent d’une "grande expérience du travail en conditions extrêmes", puissent participer finalement au projet. Cinq majors internationales, les norvégiens Statoil et Norsk Hydro, les américains ConocoPhillips et ChevronTexaco, ainsi que le français Total, ont attendu durant plus d’un an que le choix de Gazprom s’arrête sur leur nom pour participer à Chtokman, avant la fin de non recevoir formulée le 9 octobre.

La prudence reste cependant de mise sur ce dossier clef au coeur des relations entre Moscou et les capitales occidentales et sujet à tant de revirements. Découvert en 1998, le champ de Chtokman devait à l’origine être exploité dès 2000... avant d’être retardé par l’état financier de Gazprom, alors délicat. Ensuite, l’impossibilité de s’entendre sur le partage du financement du projet avec d’éventuels partenaires occidentaux aura conduit à repousser sans cesse la date marquant le début de l’exploitation. On parle maintenant de 2013.

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