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Article de Pierre-Henri Lab paru dans L’Humanité du 9 novembre 2006

La SNCF reconnaît une grève plus forte qu’annoncé

jeudi 9 novembre 2006 par Pierre-Henri Lab
Cheminots . La mobilisation d’hier a été plus importante qu’en novembre 2005. La CGT menace « de suites » si la direction ne répond pas.

Dans le bras de fer que la SNCF a engagé avec les organisations syndicales, la direction a, semble-t-il, perdu hier une manche. La grève, à l’appel de la CGT, de FO, de SUD Rail, de la FGAAC, de la CFE-CGC et de la CFTC, a été indéniablement suivie. En fin de matinée, l’entreprise publique a fait état de 26,81 % de grévistes (28,2 %, selon la CGT). Un chiffre supérieur au 21 novembre 2005 (25,8 %) et au 2 juin 2005 (22,8 %). La direction, qui s’était employée, les semaines et les jours précédents, à suggérer que la mobilisation serait « probablement plus faible », se voit imposer un sérieux démenti. D’autant plus sérieux que l’analyse par région ou par profession des taux de grévistes fait apparaître une mobilisation importante et une forte progression par rapport à la grève reconductible du 22 novembre 2005.

Un conducteur sur deux

Dans une note interne à la SNCF consacrée aux « résultats provisoires de la grève à 10 h 30 » que l’Humanité s’est procurée, la direction reconnaît une moyenne de 46,17 % d’agents de conduite ayant cessé le travail. Avec des pics de participation à 75,32 % dans la région de Limoges ou encore 67 % dans la région de Reims. Toutes professions confondues, c’est la région de Strasbourg qui compte le moins de grévistes (18,15 %), tandis que celles de Montpellier et de Marseille, avec respectivement 46,37 % et 46 %, sont les régions qui comptaient, hier à 10 h 30, le plus d’agents en grève. Par rapport au 22 novembre 2005, seulement trois régions ont fait état de taux légèrement inférieurs. Dans la majorité d’entre elles, les taux de grévistes ont progressé de 1,5 % à 8 %. Avec des pics allant jusqu’à 15,64 % dans celle de Clermont-Ferrand.

Les syndicats satisfaits

Sans surprise, le trafic a été perturbé. En milieu de journée, la direction de la SNCF a fait état de deux TGV sur trois, d’un TER sur trois, d’un Transilien sur deux (40 % du trafic assuré sur la ligne B) et d’un Corail sur trois. Selon les syndicats, le trafic pouvait hier encore se dégrader en fin d’après-midi en raison de la montée en puissance de la grève.

Interrogé par [l’Humanité-< mot 108], le service de presse de la SNCF a affirmé que la direction de l’entreprise ne ferait « aucune déclaration » quant au conflit. Du côté des syndicats, l’ambiance était à la satisfaction, le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, estimant même que, dans l’après-midi, « avec les prises de service plus nombreuses », le taux de grévistes « devrait atteindre 35 % ». « Si nous n’avons pas, dans la journée, des réponses claires de l’entreprise sur des dossiers, voire des engagements pour ouvrir d’autres négociations, nous prendrons dans l’après-midi des dispositions pour qu’il y ait des suites au mouvement », a déclaré le responsable syndical sur France Info. Précisant que « si c’est le silence radio de Mme Idrac, la CGT sera à l’initiative des suites à ce mouvement ». Lundi, lors de leur conférence de presse commune, les autres fédérations de cheminots avaient déjà évoqué de « possibles suites » si la direction de la SNCF persiste à ignorer leurs revendications.

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