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Article de ALIETTE DE BROQUA. paru dans Le Figaro le 22 décembre 2006

La SNCM plongée dans l’incertitude

vendredi 22 décembre 2006 par Aliette de Broqua
Les élus corses relancent l’appel d’offres pour la desserte de l’île.

C’EST REPARTI pour un tour. L’Assemblée de Corse se réunit aujourd’hui. Deux points à l’ordre du jour. Le premier : fixer les nouvelles règles pour la délégation de service public (DSP) concernant la desserte de l’île depuis Marseille. Après la décision du Conseil d’État du 22 décembre annulant la procédure engagée cet automne, la Corse doit tout reprendre à zéro. Deuxième point : voter la prolongation de l’actuelle délégation. Assurée par la ­Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) et la Compagnie méridionale de navigation (CMN), elle expire le 31 décembre. L’Assemblée devrait voter la prolongation de ­l’actuelle DSP jusqu’au 30 avril. C’est le temps nécessaire aux candidats - SNCM, CMN, et Corsica Ferries - de préparer de nouvelles offres et pour la collectivité de faire son choix. L’exécutif a opté pour la solution la plus rapide. Le Conseil d’État lui avait laissé le choix de reprendre la procédure, soit intégralement, soit à compter de la nouvelle date qu’elle fixera pour la remise des nouvelles offres.

Dans son rapport à l’Assemblée, l’exécutif souligne que « si le Conseil d’État a annulé la procédure de passation de la délégation de service public, il n’a, en revanche, pas annulé la procédure elle-même d’appel d’offres ». Cela lui laisse la possibilité de recevoir de nouvelles offres, « ce qui valide définitivement l’appel d’offres, le règlement ainsi que le cahier des charges adoptés le 24 mars 2006 ».

C’est donc une fin de non-recevoir adressée à Pierre Mattei, directeur général de Corsica Ferries, qui a pressé ces derniers jours la Collectivité de tout remettre à plat. « Afin d’assurer davantage d’équité et une sécurité juridique suffisante, plaide-t-il, il est indispensable de définir un nouveau cahier des charges et de prolonger d’un an l’actuelle délégation. »

Rassurer les salariés

Quant à la SNCM, qui était près de l’emporter à la veille de la décision du Conseil d’État, elle est replongée dans l’incertitude. Son avenir repose sur les 95 millions d’euros de subventions au titre de la délégation de service public. Hier, Gérard Couturier, président de la compagnie, s’emploie à rassurer les salariés. Hier, il les a reçus à bord du ferry Napoléon Bonaparte. Lundi, il était en comité d’entreprise. Il a affirmé que la SNCM serait candidate et que ses deux nouveaux actionnaires, Veolia et Butler Capital, ne quitteraient pas le navire.

Gérard Couturier cherche aussi à renouer le fil à la CMN. Celle-ci est sa filiale mais un jugement de la cour d’appel de Paris lui a donné son autonomie. « La meilleure solution est la poursuite d’un partenariat avec la CMN », dit Gérard Couturier. Leurs flottes étant complémentaires, elles sont mieux armées pour présenter une bonne candidature à l’appel d’offres de la Corse. La réconciliation paraît difficile pour les anciens alliés qui se sont déchirés devant les juges. « La CMN et Corsica Ferries, analyse Maurice Perrin, délégué CFE-CGC de la SNCM, ont démontré que leur objectif n’est pas l’appel d’offres mais la mort de la SNCM pour se partager ses dépouilles. »

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