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dépèche AFP le 15 octobre 2005 20h15

La SNCM se remet doucement en route, sur fond de manifestations

dimanche 16 octobre 2005

La SNCM se remettait doucement en route samedi, après le départ de ses premiers bateaux vers la Corse et le Maghreb, alors que des milliers de personnes ont manifesté à Marseille et à Ajaccio pour l’emploi et la défense des services publics.

A Marseille, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, et le leader des marins CGT de la SNCM, Jean-Paul Israël, ont défilé côte à côte, désireux d’afficher leur unité, aux lendemains d’une grève à la SNCM qui a éprouvé les relations entre la base marseillaise et la direction du syndicat.

Le cortège a rassemblé 1.500 personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs, entre 3 et 4.000 selon l’AFP.

Les slogans ont insisté sur la défense de l’emploi et des services publics, dans une région marseillaise qui accumule les mauvaises nouvelles : 400 suppressions d’emplois à venir à la SNCM, 638 à l’usine STMicroelectronics de Rousset, près d’Aix-en-Provence, 280 menacés dans l’usine Nestlé du quartier de Saint-Menet.

A Ajaccio, 400 personnes ont également défilé pour la défense des services publics à l’appel d’une intersyndicale. Le Syndicat des travailleurs corses (STC, nationaliste) était venu sans sa section marins, qui s’est retirée de l’appel des syndicats jeudi, après la décision de la CGT de favoriser la reprise le travail à la SNCM. Les marins du STC avaient alors dénoncé une trahison de la CGT. A la SNCM, les rotations de navires se sont poursuivies samedi vers la Corse et le premier navire vers le Maghreb, le Méditerranée, a pris la mer samedi vers 18H00 pour rallier la Tunisie. Son blocage à quai le 20 septembre avait marqué le début du plus grave conflit social qu’ait connu la Société nationale Corse Méditerranée.

Le cargo mixte Paglia Orba, parti vendredi soir de Marseille, a été le premier des dix bateaux de la SNCM à rallier la Corse.

Signe de l’apaisement qui semblait s’installer après les 23 jours de grève et de fièvre, le Pascal-Paoli, célèbre depuis son détournement par des marins du STC, est arrivé sans encombre samedi matin à Bastia, sans présence particulière sur le port ni de marins STC, ni de militants nationalistes, ni de forces de l’ordre.

La reprise de l’activité a permis d’éviter de justesse le dépôt de bilan.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Breton, a estimé vendredi soir que personne n’avait "perdu la face" dans ce conflit alors que les syndicats n’ont pas caché leur amertume face à la manière dont le gouvernement a géré la crise.

Alors que la SNCM aurait pu se trouver en cessation de paiement, la trésorerie permettant le fonctionnement de l’entreprise dans les semaines qui viennent est assuré, a déclaré samedi à l’AFP un porte-parole du ministère des Finances.

Il n’a pas confirmé des informations données par une source proche du dossier selon lesquelles le conseil d’administration de la holding de la SNCM, la Compagnie générale maritime et financière (CGMF), devait proposer vendredi dernier 25 millions d’euros pour assurer la trésorerie.

Un nouveau CA de la CGMF est prévu mardi, a indiqué une source proche du dossier.

L’entreprise va maintenant entrer de plain-pied dans la mise en oeuvre du plan de privatisation partielle : il prévoit d’attribuer 38% du capital au fonds d’investissement Butler Capital Partners (BCP), 28% à l’industriel Connex (groupe Veolia), 25% à l’Etat et 9% aux salariés. Les 400 suppressions d’emplois prévues dans ce plan, sur 2.400, se feront sans licenciement sec.

Le directeur général de la Connex, Stéphane Richard, a déjà jugé que "tout le monde a intérêt à ce que ça change" à la SNCM, notamment au niveau de "l’organisation quotidienne" et des "dessertes".

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