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Un article de Pierre Avril paru dans Le Figaro du 18 janvier 2006

La dépendance énergétique de l’Europe s’aggrave

mercredi 18 janvier 2006 par Pierre Avril
ÉNERGIE L’Union européenne importe 50% de ses besoins énergétiques. Si rien n’est fait, cette dépendance atteindra 70% en 2030.

LA GUERRE du gaz, qui a opposé la Russie et l’Ukraine début janvier, a laissé des traces en Europe. Hier, à Strasbourg, les eurodéputés ont tenté de tirer les leçons de la crise qui, l’espace d’une journée, a prouvé la vulnérabilité de l’approvisionnement énergétique de l’UE.

Cet approvisionnement « ne relève pas de l’évidence », a rappelé le ministre autrichien de l’Economie, au nom de la présidence de l’UE. Martin Barteisten a notamment proposé la constitution, à l’échelle communautaire, de stocks de gaz censés couvrir, durant « deux mois », d’éventuelles pénuries. A l’heure actuelle, de tels stocks ne sont obligatoires que pour le pétrole.

La diversification et la sécurisation des sources d’alimentation seront au coeur des débats européens des prochains mois. Le Conseil européen de mars sera consacré aux questions énergétiques. Dans cette perspective, la France présentera sa propre contribution le 24 janvier, à l’occasion de l’Ecofin. Plus tard, la commission européenne publiera un « livre vert » censé préparer une future législation communautaire.

Au centre des inquiétudes, figurent quelques chiffres : aujourd’hui, l’Union européenne importe l’équivalent de 50% de ses besoins énergétiques, soit 240 milliards d’euros chaque année. Si « rien n’est fait », s’alarme Bruxelles, ces importations représenteront, d’ici à 2030, 70% des besoins européens. « Notre dépendance augmente chaque jour », constate la commission. Lorsque la crise survient de Russie, qui couvre un quart de la consommation européenne de gaz, la fragilité de l’UE saute aux yeux.

Deux nouveaux gazoducs

Plusieurs pays membres comptent sur la construction de deux nouveaux gazoducs, l’un issu de Russie, et transitant par la mer Baltique, l’autre, traversant la Turquie, branché sur les champs de la mer Caspienne. Ces deux projets devraient être respectivement opérationnels en 2010 et en 2020. Par ailleurs, des nouveaux terminaux de gaz naturel liquéfié seront construits d’ici à 2010, ce qui devrait permettre de multiplier par cinq les importations européennes de GNL. L’acheminement de ce gaz, qui s’effectue par bateau, ne peut pas faire l’objet, comme ce fut le cas lors de la crise ukrainienne, de coupures au robinet. Par ailleurs, l’UE a réitéré, hier, son appel à développer les énergies renouvelables et à réduire la consommation.

La création d’une politique européenne de l’énergie divise néanmoins les 25. Une telle initiative est vue par les anciens pays du bloc communiste comme un moyen de se débarrasser de la tutelle de Moscou. « En Russie, le gaz est utilisé comme une arme politique », a dénoncé hier Miroslaw Piotrowski, un eurodéputé polonais nationaliste. Le débat d’hier a été trusté par les parlementaires d’Europe de l’Est, dont certains militent pour le développement de l’énergie nucléaire aux seules fins d’échapper au gaz et au pétrole russe. Chez les Quinze, en revanche - par ailleurs plus souples avec Moscou -, le nucléaire est un sujet européen tabou.

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