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Un article de Joël Morio paru dans Le Monde du 12 mars 2006

La dette et les prélèvements obligatoires ont augmenté en 2005

dimanche 12 mars 2006 par Joël Morio

Mauvaise nouvelle pour Thierry Breton, le ministre de l’économie : en 2005, la dette publique a fortement augmenté. Selon les calculs communiqués par Bercy, jeudi 9 mars, à la Commission économique de la nation, la dette publique a représenté 66,4 % du produit intérieur brut (PIB), soit 1 125 milliards d’euros, contre 64,7 % en 2004. Pis, cette hausse s’est accompagnée d’une montée des prélèvements obligatoires, qui ont atteint 44,3 % du PIB contre 43,5 % en 2004. Ce chiffre s’approche du record de 44,9 % atteint en 1999. Cette dégradation des finances publiques est du plus mauvais effet pour M. Breton, qui s’est fait le chantre de la réduction de la dette. Lors de la présentation de la loi de finances pour 2006, il y a seulement cinq mois, il avait indiqué que la dette se situerait à 65 % du PIB.

Ces mauvais chiffres s’expliquent par des "raisons techniques", plaide-t-on à Bercy. Pour calculer le ratio dette sur PIB, le ministère de l’économie tient compte de la dette brute, sans déduire les éventuels excédents de trésorerie dont il pourrait bénéficier. Or, en raison du changement du mode de calcul du dernier acompte de l’impôt sur les sociétés, Bercy a bénéficié d’une rentrée d’argent imprévue. Cette somme lui a permis d’afficher, contre toute attente, un déficit public contenu sous le niveau des 3 % du PIB en 2005. Mais, pour des raisons purement comptables, cette rentrée d’argent n’a pas pu être déduite de la dette publique, à hauteur de 0,3 % du PIB. La hausse du ratio d’endettement s’explique surtout par la conjoncture. La croissance (1,4 %) ayant été moins forte qu’attendu en 2005, il a "mathématiquement" augmenté.

Aujourd’hui, le ministère de l’économie prévoit que la dette publique devrait atteindre 66,1 % du PIB en 2006. En 2007 elle devrait encore se situer à 65,7 % du PIB. Le taux de prélèvement obligatoire devrait, quant à lui, se stabiliser 44,3 % du PIB en 2006 et 44 % du PIB en 2007. Toutefois, ces estimations reposent sur des prévisions de croissance de l’économie française qui se situent dans le haut des fourchettes établies par les économistes. Bercy table, en effet, sur une croissance comprise entre 2 et 2,5 % pour 2006 et 2007.

A défaut de baisser, la dette publique est mieux gérée. C’est en tout cas le jugement de la commission des finances du Sénat. Elle s’est félicitée, vendredi, des suites données au rapport du sénateur Paul Girod (UMP, Aisne) qui plaidait pour une plus grande centralisation des différentes dettes de l’Etat. Ces derniers mois, l’Agence France Trésor a pris la gestion de la dette de Charbonnages de France, de l’Entreprise minière et chimique et de la direction générale de l’aviation civile. Pour cette dernière, l’économie réalisée par l’Etat est modeste : 80 000 euros par an.

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