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CAROLINE DE MALET – Le figaro le 14/10/2007

La deuxième vie de la centrale solaire Thémis

dimanche 14 octobre 2007 par Caroline de Malet

L’HISTOIRE de la centrale solaire Thémis, inaugurée par EDF en 1983 à Targasonne près de Font-Romeu et fermée en 1986, aurait pu être définitivement close de­puis vingt ans. À l’époque, ce projet avait été abandonné lorsque l’opérateur avait réalisé, après avoir investi presque autant que dans une centrale nucléaire, que la production d’électricité d’origine solaire n’était pas rentable en période de pétrole bon marché.

Panneaux photovoltaïques

Vingt ans plus tard, les énergies renouvelables et notamment solaires reviennent sur le devant de la scène, et Thémis s’apprête à démarrer une deuxième vie. En janvier 2005, le conseil général des Pyrénées-Orientales hérite d’une friche industrielle. « Nous avons fait le choix de l’optimiser », explique Alain Boyer, qui préside la commission nouvelles technologies du conseil général. Un ambitieux projet de réhabilitation est alors lancé. Avec deux objectifs majeurs : faire de Thémis à la fois un outil de production industrielle et de recherche dans le domaine de l’énergie solaire. Car depuis vingt ans, si EDF avait sous-traité le site à des astrophysiciens du CNRS, du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et du Conseil européen pour la recherche nucléaire (Cern), ceux-ci, qui travaillaient sur les rayons gamma et les trous noirs, ont cessé leurs travaux en 2004.

L’installation est composée de 160 héliostats (miroirs géants orientés vers le soleil) qui concentrent les rayons du soleil vers une tour centrale où circule un fluide caloporteur (des sels fondus). Chauffé par les rayons, celui-ci transfère son énergie à un circuit d’eau. La vapeur alors ­produite actionne une turbine, comme dans une centrale nucléaire.

Cette réhabilitation va donner naissance à deux projets parallèles. La moitié des héliostats va être transformée en panneaux photovoltaïques, en vue de produire de l’électricité injectée sur le réseau. L’autre moitié des héliostats sera consacrée au projet de recherche Pégase, confié au CNRS. Le laboratoire Promes (Procédés, matériaux et énergie solaire) y mènera des travaux sur le solaire concentré. « Toutes les recherches dans ce domaine en France avaient été interrompues en France après l’arrêt de Thémis », déplore Gilles Flamant, directeur de ce laboratoire.

Ce projet fait partie des cinquante qui ont été promus par le pôle de compétitivité Derbi, spécialisé dans les énergies renouvelables. Les pôles de compétitivité, ces 67 structures labellisées par le gouvernement en juillet 2005, ont vocation à rapprocher les chercheurs et les industriels pour favoriser l’innovation. « Le projet aurait pu être monté sans Derbi, mais cela rassure les collectivités locales, qui sont plus enclines à le financer », confie Gilles Flamant, directeur du laboratoire Promes. Thémis va ainsi bénéficier de 6 millions d’euros de financement sur sept ans, émanant notamment du conseil général, d’[EDF-< mot 43] et de l’Ademe.

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