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Cécile Calla | Le Monde du 31.07.07.

La durée du travail augmente partout en Allemagne

mardi 31 juillet 2007 par Cécile Calla

En Allemagne, Continental a déjà réintroduit la semaine de 40 heures dans plusieurs de ses usines. "C’est un instrument pour augmenter notre rentabilité", explique-t-on au siège du groupe allemand. Entre 2004 et 2005, plus de 3 000 salariés du fabricant de pneus ont dû accepter un allongement de la durée du travail. En contrepartie, l’entreprise a augmenté ses investissements et a garanti l’emploi des salariés jusqu’en 2007.

Cet exemple n’est pas un cas isolé. Depuis 2003, la tendance, outre-Rhin, est à l’allongement du temps de travail dans les entreprises. Après avoir imposé, en 1995, les 35 heures dans l’industrie métallurgique, les aciéries et les imprimeries, les syndicats allemands ont été contraints, depuis quelques années, d’accepter un retour partiel aux 40 heures.

La crise économique et l’échec de la bataille des 35 heures dans les régions de l’Est ont incité de nombreuses sociétés à rallonger la durée du travail en concluant des accords qui sortent du cadre fixé par la convention collective.

RÉDUIRE LES COÛTS

"Les entreprises cherchaient à réduire leurs coûts", explique Hagen Lesch, expert auprès de l’Institut d’économie de Cologne. L’accord de Pforzheim signé en avril 2004 par le syndicat IG Metall et l’organisation patronale de branche Gesamtmetall est venu renforcer cette tendance. Ce texte multiplie les possibilités d’accords hors convention collective et a permis à des groupes tels que Siemens ou DaimlerChrysler de rétablir la semaine de 40 heures pour une partie de leurs salariés pour maintenir ou améliorer leur compétitivité.

Entre-temps, le débat sur le temps de travail est retombé à la faveur du retour de la croissance. "C’est plutôt la discussion sur le salaire minimum qui préoccupe actuellement les entreprises", explique M. Lesch. Néanmoins, "la tendance à l’allongement de la durée du travail reste présente", souligne Hartmut Seifert, de la Fondation Hans Böckler. Dernier exemple en date, le groupe Deutsche Telekom vient de l’augmenter pour une partie de ses salariés. En janvier 2007, Volkswagen a supprimé la célèbre semaine de quatre jours en allongeant la durée du travail de 28,8 à 33 ou 34 heures, selon les cas, dans ses usines de l’Ouest.

Les statistiques montrent d’ailleurs que le temps de travail effectif augmente outre-Rhin. Selon des chiffres publiés par l’Institut de recherche sur le marché du travail (IAB), les salariés qui disposent d’un contrat à plein temps ont vu leur volume annuel de travail s’élever de 1 663 heures à 1 682 heures entre 2003 et 2006.

Pour autant, la semaine de 35 heures n’est pas condamnée à disparaître dans l’industrie métallurgique. "Beaucoup d’entreprises la contournent, mais elle a une force symbolique trop importante pour être supprimée", conclut M. Seifert.

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