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FRÉDÉRIC DE MONICAULT | Le Figaro le 11 janvier 2007

La facture énergétique de la France flambe

jeudi 11 janvier 2007 par Frédéric de Monicault
Sous la pression de l’inflation du baril, cette facture a grimpé l’an dernier de 19 %, à 46 milliards d’euros.

EN 2006, la flambée des hydrocarbures a propulsé la facture énergétique de la France vers de nouveaux sommets. Les chiffres, présentés ce matin par François Loos, le ministre délégué à l’Industrie, sont même sans précédent : cette facture, dont le montant sera définitivement confirmé dans quelques semaines, atteint 46 milliards d’euros, soit près de huit milliards de plus qu’en 2005 - où elle s’était élevée à 38,2 milliards d’euros, déjà un record. De fait, cette facture représente 2,7 % du PIB, proportion la plus élevée enregistrée depuis 1985.

L’inflation du baril, qui a tutoyé les 80 dollars pendant une bonne partie de l’été, est la première responsable de cet alourdissement du bilan énergétique. Il est important de relever, selon les estimations de l’Observatoire de l’énergie, que les quantités de pétrole importées sont restées en 2006 à un niveau comparable à celui de 2005.

Ironie de la situation, l’addition aurait pu être beaucoup plus salée. La hausse de l’euro par rapport à la devise américaine a significativement réduit l’impact de la flambée du baril. François Loos, ministre délégué à l’Industrie, met aussi en avant le parc nucléaire français qui représente 75 % de l’électricité produite : « Il a permis à notre pays d’économiser 16 milliards d’euros, sans compter 128 millions de tonnes d’émission de CO2 en moins si nous produisions notre électricité comme la plupart de nos voisins avec des énergies fossiles. Il est donc incontournable. »

Espoir d’une décrue

Qu’en sera-t-il en 2007 ? L’Observatoire note que le niveau de la facture pourrait se maintenir si le cours du baril reste proche des 60 dollars. « Si le reflux des cours internationaux, et donc dans quelques mois ceux du gaz, se confirme, on peut espérer une décrue de la facture énergétique », commente François Loos. Néanmoins, le ministre ne cache pas que la planète est entrée dans une période où les prix du pétrole et du gaz resteront durablement plus élevés que les niveaux de 1986 à 2000. « En particulier à cause des problèmes géopolitiques, de la concentration croissante des réserves - même élevées - dans quelques régions sensibles du monde, de la concentration sur des usages non substituables notamment pour les transports, des normes environnementales de plus en plus sévères. »

En attendant, les cours du pétrole, même s’ils évoluent actuellement autour du seuil appréciable de 54 dollars, affichent un net repli : près de 12 % depuis le début de l’année, ce qui doit permettre à l’automobiliste de pouvoir bientôt faire le plein à un prix plus attractif. Ce recul du baril doit beaucoup à la douceur du climat : la planète consomme actuellement plus, quelque 650 000 barils par jour de moins que pendant un hiver « normal ».

Soucieuse de limiter au maximum la baisse des cours, l’Opep pourrait décider d’augmenter le montant de la prochaine réduction de ses livraisons. Celle-ci, de l’ordre de 500 000 barils par jour, doit intervenir à compter du 1er février prochain. Toutefois, l’Organisation des pays producteurs a démenti hier la moindre tenue d’une réunion d’urgence en ce sens.

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