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Un article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 21 avril 2006

La facture énergétique de la France a augmenté de 35 % en 2005

vendredi 21 avril 2006 par Jean-Michel Bezat

La consommation énergétique de la France a pratiquement stagné en 2005, mais sa facture s’est encore alourdie de 34,7 % (après 24,1 % en 2004) en raison de la forte hausse du prix des énergies fossiles.

Publiées jeudi 20 avril par le ministre délégué à l’industrie, François Loos, ces données confirment que l’économie française est entrée dans une ère de l’énergie chère. "A 38,26 milliards d’euros, la facture dépasse le niveau du premier choc pétrolier" (1973), note-t-on à Bercy. Sans atteindre celui du second choc de 1980.

L’envolée des cours de l’or noir explique pour l’essentiel cette facture. Le brent de la mer du Nord a coûté 54,55 dollars le baril, une hausse de 42,5 % en 2005 qui s’est ajoutée à celle de 2004 (+ 32 %). Le prix du gaz a progressé de 13,4 % et celui du charbon de 17,5 %, en recul par rapport à l’année précédente.

Au total, la facture pèse 2,26 % du produit intérieur brut (PIB). "C’est l’équivalent d’une semaine de travail pour les Français", bien loin des 5 % de 1981, indique le ministère des finances.

Ce renchérissement de l’énergie a poussé les Français à modérer leur consommation, qui n’a progressé que de 0,3 % (276,5 millions de tonnes équivalent pétrole) alors que le PIB augmentait de 1,4 %. Ainsi le kilométrage moyen des voitures particulières a chuté de 3 % et la vente de carburants routiers de 1 %. L’intensité énergétique a poursuivi sa baisse (- 1,6 %), ce qui signifie qu’il a fallu moins de pétrole, de gaz ou d’électricité pour produire 1 point de PIB.

Enfin, les émissions de CO2 ont augmenté de 0,3 % en raison d’un recours accru aux centrales thermiques pour pallier le manque de capacités des barrages due à une faible pluviosité.

La France, qui a produit 49,8 % de son énergie, est moins dépendante que ses voisins en raison des 19 centrales nucléaires assurant 78 % de sa production électrique. Premier producteur d’énergies renouvelables de l’Union européenne grâce à l’hydro-électricité, elle reste cependant en retard dans l’éolien, malgré un doublement de la puissance installée en 2005 (737 MW).

"Le choc pétrolier est devant nous !", prévient un rapport de la chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) publié mercredi. Rédigé par Christian Balmes, PDG de Shell France, il recommande notamment d’importantes économies d’énergie d’ici à 2015 : 30 % dans le résidentiel et le tertiaire, 15 % dans l’industrie et 10 % dans les transports.

En 2006, la conjugaison de facteurs économiques (tension offre-demande, capacités de raffinage insuffisantes), géopolitiques (Irak, Iran, Nigeria...) et climatiques (ouragans probables dans le golfe du Mexique) risque de pousser les cours à la hausse. Le baril de brut vole de record en record.

Mercredi, il a achevé la séance à 73,55 dollars à Londres et à 72,17 dollars à New York en raison de la baisse des stocks d’essence américains et de la menace persistante d’un conflit armé entre les Etats-Unis et l’Iran, quatrième producteur mondial de pétrole.


Paris demande que les stocks pétroliers des Vingt-Cinq soient publiés chaque semaine

La France a demandé à la Commission européenne la publication des stocks pétroliers de l’ensemble des pays de l’Union européenne chaque semaine et non tous les mois, afin de réduire la tension sur les cours, a annoncé jeudi le ministre délégué à l’industrie, François Loos.

"Il faut montrer que la production de pétrole est suffisante par rapport à la consommation. Ceci dissuadera les spéculateurs de faire monter les prix", a déclaré M. Loos lors d’une conférence de presse. "Il n’y pas de raison que le prix du baril soit aussi haut que 74 dollars", a-t-il estimé, dans une allusion au record atteint le matin même par le brent de la mer du Nord, tout en reconnaissant que "la tension et les risques sont une réalité".

Sur les 25 pays de l’UE, 16 (les 15 anciens, plus la Hongrie), également membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), doivent actuellement avoir des stocks équivalents à 90 jours de consommation pour trois catégories de produits : l’essence, le diesel et le fuel de chauffage. Les neuf autres ont jusqu’à fin 2009 pour se mettre à niveau. - (Avec AFP)

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