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Thomas Lemahieu | L’Humanité du 27.11.2007

La fusion ANPE UNEDIC : « Une machine à broyer les droits des chômeurs »

mercredi 28 novembre 2007 par Thomas Le mahieu
EMPLOI .Contre le projet de fusion ANPE-UNEDIC, les syndicats du service public de l’emploi et de l’assurance chômage appellent à la grève aujourd’hui.
Cette semaine, l’avant-projet de loi sur la fusion ANPE-UNEDIC, dont l’adoption parlementaire est programmée avant les municipales, doit passer sous les fourches caudines du Conseil d’État, mais c’est dans la rue que se retrouvent aujourd’hui les agents du service public de l’emploi et de l’assurance chômage pour protester ensemble contre le principe même de ce rapprochement ou, pour certains, contre ses modalités. UNE MOBILISATION SANS PRÉCÉDENT À l’ANPE, quatre syndicats (SNU, CGT, FO et SUD), représentant une large majorité des agents, appellent à la grève ce mardi contre un « projet extrêmement néfaste pour les demandeurs d’emploi comme pour l’ensemble des salariés et destructeur des droits des personnels », tandis qu’à l’UNEDIC, les cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC) espèrent, dans un tract commun, une « mobilisation sans précédent dans l’histoire du régime d’assurance chômage » afin d’obtenir le maintien de leur convention collective et de la mission de recouvrement des cotisations. « Sachant que toutes les confédérations n’ont pas le même avis sur le projet de fusion ANPE-UNEDIC, nous avons trouvé à l’UNEDIC un terrain d’entente intersyndical contre le transfert aux URSSAF du recouvrement des cotisations et pour le maintien de la convention collective, explique Denis Lalys (CGT). Mais la CGT et FO continuent à se situer sur une base de revendications beaucoup plus dure, à savoir le retrait total du projet de loi. » LE PATRONAT AVANTAGÉ À l’ANPE, Noël Daucé, secrétaire général du SNU, dénonce une « partie de bras de fer entre des reliquats de public et un basculement complet vers le privé ». « On nous parle d’outil de simplification pour tout le monde, argue-t-il, mais, en fait, il s’agit de parachever le travail du PARE et de la loi Borloo de cohésion sociale : on veut créer une machine à broyer les droits des chômeurs, en confiant de fait au patronat toute la gestion de la chaîne du placement à l’indemnisation. Le MEDEF va gagner sur tous les tableaux en réduisant ses cotisations et en obligeant les chômeurs à prendre n’importe quel emploi. » Pour la CGT, Vincent Strobel s’alarme également de cette mise sous tutelle du patronat du placement des chômeurs. « On a aujourd’hui l’assurance que l’établissement fusionné ne sera pas public, regrette-t-il. Et le statut public des agents est condamné à disparaître, ce qui ne va pas sans poser de question sur la neutralité nécessaire pour ne pas subir de pression des entreprises. Dans le schéma actuel, on donne au patronat une place prépondérante dans toutes les instances. » Loïc Barboux (FO) ajoute : « Quand le président de la République dit que, pour être efficace, un service public doit radier à 8 % au lieu de 2 %, on voit très clairement ce qu’il veut comme service pour les demandeurs d’emploi, c’est-à-dire un aspect très coercitif. Les 52 % de chômeurs non indemnisés ne gagnent rien du tout… »
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