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Nathalie Brafman – Le Monde du 03.02.08.

La journée de mobilisation dans la grande distribution a été bien suivie

dimanche 3 février 2008 par Nathalie Brafman
Les syndicats CGT, FO et CFDT ne cachaient pas leur satisfaction à l’issue de la journée d’action à laquelle ils avaient appelé, vendredi 1er février, les salariés de la grande distribution. "80 % des hypermarchés ont été touchés dans toute la France, entre 65 % et 70 % des supermarchés et 50 % dans la logistique", s’est félicitée Aline Levron, secrétaire nationale du pôle commerce à la CFDT Services.

Certains magasins ont baissé le rideau selon FO : deux Lidl dans la région de Vannes (Morbihan), un magasin Ed vers Lyon, le Carrefour d’Antibes (Alpes-Maritimes) n’a ouvert qu’à 16 heures, celui de Nice a été totalement fermé et celui d’Aix-en-Provence une partie de la journée seulement.

La direction de Carrefour a tenté néanmoins de relativiser l’ampleur du mouvement. Une centaine d’hypermarchés sur 226 ont été touchés, mais "tous les magasins ont fonctionné normalement", soutient la direction. "Chez Auchan, nous avons eu des débrayages ponctuels, affirme Jean-André Laffitte, directeur des ressources humaines, le mouvement a touché 1 800 personnes sur 50 000 salariés et 60 sites (logistique et hypermarchés confondus) sur 150."

De son côté, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) assurait que 8,5 % des 11 000 magasins tous formats confondus avaient été touchés par le mouvement (40 % des hypermarchés sur un total de 1 400 magasins) et que le nombre de grévistes s’était élevé à 4,5 % sur un total 640 000 salariés.

Les salariés de la grande distribution se sont mobilisés autour de trois points : le pouvoir d’achat, le temps partiel et le travail le dimanche. La veille, syndicats et FCD s’étaient retrouvés autour de la table de négociations. Le patronat propose une revalorisation annuelle de 3 % pour les salaires le plus bas (1 344 euros) et la prise en compte du forfait pause, soit 63 euros par mois pour les salaires les plus bas. "Ce que nous avons obtenu est insuffisant", affirme Terglav Dejan, secrétaire fédéral en charge de la grande distribution pour FO. Les syndicats soulignent toutefois que le salaire d’embauche est inférieur au smic.

"En 2006, près de 90 % des salariés ont bénéficié d’une augmentation collective (hors augmentation individuelle) de 3,5 % en moyenne", affirme Jérôme Bédier, président de la FCD. En visite dans un magasin Carrefour à Montreuil, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a rappelé la "précarité", les "horaires fluctuants, de nuit, les cadences parfois très difficiles (...). Bien des vôtres sont en dessous de 1 000 euros par mois, c’est totalement inacceptable". Ségolène Royal a dénoncé de son côté "le scandale de la distribution qui gagne beaucoup d’argent alors que c’est là que les emplois sont les plus précaires".

AUGMENTATION DU TEMPS PARTIEL

Autre point de désaccord : le travail à temps partiel dont le minima est de 22 heures. Selon la fédération, 37 % des salariés du secteur travaillent à temps partiel et font en moyenne 27,5 heures par semaine. "Nous avions proposé aux organisations syndicales de passer la durée minimum des temps partiels de 22 heures à 23 heures en 2006. Une seule organisation s’était engagée à signer le texte", rappelle M. Bédier.

Pour les syndicats, puisque la durée est de 27,5 heures en moyenne, les minima doivent augmenter d’autant. "Vous pensez que l’on peut vivre décemment en travaillant 22 heures par semaine ? De plus, chaque semaine, les horaires sont modifiés et les salariés doivent accepter ces changements sous peine d’avoir des problèmes avec leur hiérarchie", s’insurge Mme Levron qui réclame 30 heures minimum. Certaines enseignes ne descendent pas en dessous comme chez Auchan ou chez Carrefour.

"Sur 16 000 personnes à temps partiel, 8 000 ont choisi de faire moins", indique M. Laffitte. Chez Carrefour, 25 % des salariés font 30 heures par semaine, le reste est à temps complet. "60 % du temps partiel est choisi, affirme Serge Papin, PDG de System U. Il y a actuellement une réflexion pour amener les caissières à faire 35 heures, mais il ne faut pas que cela soit 35 heures devant une caisse !"

Les inquiétudes des salariés se portent aussi sur le travail le dimanche. Mais, là encore, M. Bédier estime que la désinformation est totale. "Il n’est pas question de banaliser le dimanche ! Nous voulons pouvoir ouvrir au minimum huit à dix dimanches dans l’année", explique-t-il. Les enseignes alimentaires estiment en effet qu’une ouverture systématique des magasins le dimanche ne permettrait pas forcément d’augmenter le chiffre d’affaires, celui-ci se répartissant simplement sur sept jours au lieu de six.

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