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Jacqueline Roz-Maurette | viva.fr le 31.05.2006

La médecine du travail ne doit pas sélectionner les salariés

mercredi 31 mai 2006 par Jacqueline Roz-Maurette
Revenir aux principes fondateurs de la médecine du travail, ne pas la transformer en outil de sélection, voire de discrimination. Le Collectif santé travail s’inquiète des dérives déontologiques imposées aux médecins du travail au nom de la sécurité.

Le Code du travail est clair : le rôle des médecins du travail est exclusivement préventif. il consiste « à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail » Ce qui signifie fondamentalement qu’il soit veiller à ce que le travail soit adapté à l’homme, ou la femme.

Cependant, ce que la réglementation en a fait, à travers la notion d’aptitude à tel ou tel poste, vient contredire ce qui était fondamental dans l’esprit du législateur de 1946 : c’est le poste de travail qui doit être adapté à l’homme. Et non l’inverse.

Réuni en assemblée débat mardi 30 juin, à veille du congrès de médecine du travail qui se déroule à Lyon, le Collectif santé et travail [1] auquel participent les Mutuelles de France s’est inquiété d’une tendance à exiger des équipes médicales qu’elles pratiquent des contrôles notamment de substances psycho-actives, chez les salariés affectés à des postes de sécurité dans la chimie, les transports ou le nucléaire.

La démarche qui consiste à veiller à la sécurité publique à priori ne semble pas outrecuidante.

Toutefois, l’organisation de sa mise en pratique est incompatible avec le code de déontologie médicale qui précise qu’un médecin de prévention ne peut pas être en même temps un médecin d’expertise.

En effet, comment la même personne dont la relation avec le salarié doit être fondée sur la confiance peut-elle susciter ses confidences, des information sur sa santé, sa vie privée, en sachant que cela va se retourner contre le salarié ? La médecine d’expertise et la médecine du travail n’ont pas les mêmes missions et ne peuvent être confondues.

Par ailleurs, qui sera responsable pénalement, en cas de problème, le médecin du travail - pour n’avoir pas pratiqué des tests de dépistage dont la confidentialité n’est même pas établie -, ou le chef d’entreprise.

Qui décidera qu’un poste peut être qualifié « de sécurité » ? Sur quelle base scientifique sont évaluées les modifications du comportement induites par des produits psycho-actifs ?

Il y a là matière à un véritable débat devant l’opinion publique qui mérite mieux que des mesures prises lors d’accords parcellaires qui, à terme transformeraient la médecine du travail en une médecine de sélection.

[1] Alert, Cgt, Société de médecine du travail, Syndicat national des médecins d’Edf-Gdf, syndicat national des professionnels de santé, Solidaires, Sud Rail, Ugict-Cgt

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