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Libération le 29 janvier 2007 | Sabine LIMAT

La menace de grève plane sur British Airways

lundi 29 janvier 2007 par Sabine LIMAT
Le personnel de bord réclame un rattrapage salarial et l’abrogation d’un règlement sur les congés maladie.

Avec 1 300 vols de British Airways (BA) annulés demain et après-demain, l’ambiance au départ des aéroports londoniens de Heathrow et de Gatwick risque d’être chaotique. Si les discussions de dernière minute, hier, entre Transport and General Workers Union (TGWU, le syndicat majoritaire chez BA) et la direction de la compagnie échouent, hôtesses et stewards vont se croiser les bras. Et 154 000 passagers, censés voyager sur la première compagnie britannique, devront se rabattre sur les lignes concurrentes ou sur l’Eurostar. La British Airport Authorithy, la compagnie propriétaire des aéroports, a prévu d’ériger des tentes pour ceux qui se présenteront tout de même aux comptoirs. Cette grève devrait être suivie par 11 000 employés du personnel de bord et son coût est estimé à 30 millions de livres (45 millions d’euros).

Justificatifs. Le personnel de cabine réclame l’abrogation d’un règlement établi par la direction, il y a deux ans, pour réduire les arrêts de maladie. Les employés de bord sont en effet tenus de justifier leur absence lors d’un entretien avec leurs supérieurs, une fois leur congé terminé. Selon les syndicalistes, nombre d’entre eux préfèrent travailler, même lorsqu’ils sont malades, plutôt que de s’y plier. BA refuse, de son côté, de revenir sur cette disposition qui a permis une diminution notable des jours pris en maladie, passés de 22 à 12 par an et par employé.

Autre sujet de contentieux : un accord salarial datant de 1997, que TGWU conteste aujourd’hui. A l’époque, une nouvelle grille de salaires avait été introduite, beaucoup moins avantageuse pour les nouveaux embauchés. Le salaire minimum pour un débutant était passé de 26 000 à 15 748 livres par an. Le syndicat réclame un rattrapage pour les employés embauchés après 1997, qui représentent désormais près de la moitié du personnel de bord et gagnent quelque 11 000 livres annuelles (16 500 euros) de moins que leurs collègues. La direction de BA rétorque qu’une telle augmentation lui coûterait 10 millions de livres par an et qu’elle ne peut pas se le permettre.

Vacances. Le bras de fer en cours oppose deux fortes personnalités. Depuis mai 2005, British Airways est dirigée par Willie Walsh, qui avait « sauvé » la compagnie nationale irlandaise Aer Lingus, moribonde au lendemain du 11 septembre 2001, en licenciant 30 % de ses employés en deux ans. Tony Woodley, élu secrétaire général de TGWU en 2003, est, de son côté, connu pour ses opinions gauchistes. Si le conflit n’est pas résolu rapidement, le syndicat entamera deux nouvelles grèves de trois jours, les 5 et 15 février. La deuxième date coïncidant avec le début des vacances scolaires, le bilan des pertes financières de BA pourrait alors dépasser les 100 millions de livres (150 millions d’euros). En 1997, la grève du personnel de bord de British Airways avait coûté à la compagnie la perte record de 125 millions de livres. L’an dernier, ses bénéfices se sont élevés à 467 millions de livres.

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