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Rémi Barroux | Le Monde du 25 mai 2007

La méthode et le calendrier du premier ministre inquiètent les syndicats

vendredi 25 mai 2007 par Rémi Barroux

Volonté de mettre sous pression les syndicats ? En déclarant, mercredi 23 mai sur Europe 1, qu’ils avaient jusqu’à la fin de l’été "pour faire des propositions" sur le service minimum et "jusqu’à la fin de l’année" pour le contrat unique, François Fillon a braqué tous les syndicats.

Réunis à Séville à l’occasion du 11e congrès de la Confédération européenne des syndicats, les principaux dirigeants du syndicalisme français ont très mal compris que, quelques jours avant leur deuxième rencontre avec le président de la République, le premier ministre "fixe déjà le calendrier et les conclusions des négociations", selon les mots de Jean-Claude Mailly (FO). "Cela veut-il dire qu’il prépare des réformes dures et qu’il veut préalablement remettre en cause le droit de grève ?", demande M. Mailly.

Pour Bernard Thibault (CGT), "cela ne correspond pas à la méthode qui devait être définie lors de la prochaine rencontre avec Nicolas Sarkozy". "On est plutôt dans la philosophie de M. de Villepin qui a décidé seul du CNE et qui a consulté après les syndicats qu’ils savaient tous hostiles", a-t-il estimé.

"PAS DE DISCUSSION"

Mécontentement aussi à la CFDT. "Si le calendrier nous est imposé, a déclaré François Chérèque, il n’y a pas de discussion." Et Marcel Grignard a ajouté qu’"on ne peut fixer d’entrée la date de sortie d’une négociation et l’objet de la sortie". D’autant, précise Alain Olive (UNSA) qu’il s’agit de "sujets politiquement délicats et techniquement complexes".

Jacques Voisin (CFTC), estime, lui, que le premier ministre "s’est coincé sur deux points". "Le programme est trop précis, aucun syndicat n’ira sur le service minimum ou sur le contrat unique dont le patronat, d’ailleurs, ne veut pas non plus, a-t-il expliqué. Et il s’est trop engagé sur l’échéancier."

Les dirigeants syndicaux auront l’occasion de demander des précisions lors des rencontres qu’ils vont avoir - vendredi pour la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC et mardi pour la CGT - avec M. Sarkozy qui devrait être accompagné de M. Fillon et de deux de ses ministres, Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand.

Les syndicalistes comptent faire une lecture commentée de la loi du 31 janvier 2007 sur "la modernisation du dialogue social", votée par la majorité gouvernementale et qui n’a encore jamais servi. Elle prévoit que "tout projet de réforme envisagé par le gouvernement (sur l’emploi, les relations du travail, etc.) fait l’objet d’une concertation préalable avec les organisations syndicales (...) en vue de l’ouverture éventuelle d’une telle négociation". Si elles souhaitent ouvrir la négociation, "les organisations indiquent également au gouvernement le délai qu’elles estiment nécessaire".

En clair, selon les syndicats, la loi ne dit pas que c’est au gouvernement de fixer l’échéancier. Un ancien conseiller du cabinet de Gérard Larcher, le ministre délégué à l’emploi qui a rédigé cette loi, fait valoir que "si les partenaires sociaux proposent un délai, c’est bien le gouvernement qui le fixe d’un point de vue juridique". Tout en reconnaissant que "c’est un peu plus compliqué d’un point de vue politique".

Dans l’entourage de M. Fillon, on estime que les propos du premier ministre fixent "un cap, un objectif", et que les partenaires sociaux vont "avoir l’occasion de s’expliquer". De son côté, le ministre des relations sociales, M. Bertrand rencontrera les syndicats la semaine prochaine. L’occasion de repréciser la méthode.

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