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lefigaro.fr (avec AFP et la presse chilienne). - 10 août 2006

La plus grande mine de cuivre du monde en grève

jeudi 10 août 2006
Depuis lundi, les mineurs d’Escondida sont en grève « illimitée ». Ils demandent une revalorisation de leur salaire. En trois jours, la production a baissé de 40 %, faisant naître des tensions sur le marché du cuivre. Ce gisement fournit en effet 8 % de la production mondiale d’or rouge.

« Dia del Minero » au Chili. Comme chaque 10 août, les gueules noires du nord chilien s’apprêtent à célébrer le jour de la Saint-Laurent, saint-patron des mineurs. Mais cette année, les célébrations auront un goût amer : les 2.052 mineurs d’Escondida, le plus grande mine de cuivre du monde, sont en grève.

Depuis lundi, ils réclament une revalorisation de leurs salaires de 13 % et une prime de 30.000 dollars. Leur argument : BHP Billiton, le principal actionnaire de la mine, en a largement les moyens, compte tenu de la flambée des prix du cuivre, passés de 80 cents de dollar la livre en 2003 à 3 dollars en moyenne actuellement.

Et les mineurs ne comptent pas revoir leurs revendications à la baisse : dans la nuit de lundi à mardi, ils ont rejeté une offre de la direction (hausse salariale de 3 % et prime de 16.000 dollars par mineur) et indiqué qu’ils étaient prêts à tenir un mois. « C’est la première véritable grève dans l’histoire de cette entreprise au Chili. On ne peut pas en prévoir le dénouement. Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », a déclaré le porte-parole du syndicat des mineurs. Selon la presse chilienne, le syndicat a prévu de verser des primes de près de 2.000 dollars à chaque mineur si le conflit devait durer tout le mois.

Pas de négociations

Mercredi, les grévistes ont refusé de revenir à la table des négociations. « Officiellement, les mineurs ont annulé la rencontre parce qu’ils devaient préparer les célébrations pour le jour de la Saint-Laurent », a déclaré Mauro Valdes, le vice-président pour les questions internes de Minera Escondida, au quotidien chilien La Tercera. Mais selon le journal, les grévistes ne veulent plus discuter tant que la direction locale de la mine ne fera pas de nouvelle proposition.

De son côté, la direction n’entend pas céder. « Nous pensons que les revendications du syndicat sont encore très loin de ce que nous pouvons accepter de manière responsable », a déclaré Mauro Valdes à la télévision nationale, qualifiant « d’inexplicable » le comportement des grévistes. Selon lui, le mouvement de protestation fait perdre 15 millions de dollars par jour à la compagnie. La Tercera évoque le chiffre de 9 millions.

En visite officielle en Equateur, la présidente Michelle Bachelet a fait savoir que le gouvernement n’interviendrait pas dans le conflit. « C’est un processus de négociation collective entre la Minera Escondida et son syndicat. L’important est de suivre la voie indiquée par la législation chilienne dans ce cas », a estimé la présidente. « La seule chose, c’est que nous espérons que le dialogue aboutisse le plus vite possible et avec, souhaitons-le, de bons résultats », a-t-elle ajouté.

Baisse de 40 % de la production

En raison du mouvement de grève, BHP Billiton estime que la production est réduite à 40 % de sa capacité. Le groupe anglo-australien a d’ores et déjà prévenu ses clients qu’il ne sera pas en mesure d’assurer la totalité de ses livraisons de cuivre, évoquant un cas de « force majeure ». Selon la presse chilienne, l’entreprise aurait embauché un millier de « briseurs de grève » pour remplacer les grévistes.

La grève à Escondida et les problèmes du gisement chilien de Chuquicamata, touché il y a deux semaines par un glissement de terrain et où la production ne reviendra pas à la normale avant trois mois, ont accru les pressions déjà fortes sur les marchés mondiaux des métaux. A Londres, la nouvelle de la grève a fait grimper le cuivre à plus de 8.000 dollars la tonne, près de ses records historiques.

Le Chili est le premier producteur d’or rouge, métal utilisé notamment dans l’automobile et l’électronique. A elle seule, Escondida, située en plein désert d’Atacama, à 1.300 km au nord de Santiago, fournit 8 % de la production mondiale.

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