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Reuters - 18/05/07

La politique énergétique éclatée entre deux ministères

vendredi 18 mai 2007

PARIS (Reuters) - La politique énergétique de la France sera pilotée par deux ministères dans le gouvernement mis en place par le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy.

Les participations de l’Etat continueront à être gérées par le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi tandis que la politique énergétique sera pilotée par le nouveau ministère chargé de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables confié à Alain Juppé.

Ce dernier a déclaré, lors de sa prise de fonctions, que son action s’articulerait autour de quatre pôles : transports ; habitat, aménagement urbain et aménagement du territoire ; écologie ; et politique énergétique.

Il récupèrera ainsi la Direction générale de l’énergie et des matières premières (DGEMP), qui dépendait jusqu’ici du ministère de l’Industrie. Mais la tutelle devrait être partagée avec le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Jean-Louis Borloo.

Ce découpage risque d’être difficile à gérer pour les entreprises concernées alors que le marché de l’énergie sera totalement ouvert à la concurrence le 1er juillet. L’Etat doit en effet valoriser les actifs publics tout en utilisant le levier du tarif pour influer sur la politique industrielle dans un contexte d’énergie chère.

La France a ainsi conservé les tarifs régulés pour les abonnés actuels. Electricité de France, détenu à 87% par l’Etat, et Gaz de France (80%), doivent en effet transmettre toute demande de relèvement des tarifs à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) mais la décision finale revient au gouvernement.

DES INVESTISSEURS SENSIBLES AUX TARIFS

GDF a indiqué en mars dernier avoir perdu un milliard d’euros au niveau du résultat opérationnel à la suite du refus de l’Etat de lui permettre de répercuter la hausse du coût des matières premières ces deux dernières années. Une révision tarifaire est prévue le 1er juillet.

Les investisseurs, surtout anglo-saxons, sont très sensibles à cette question, selon des analystes financiers.

Ils avaient ainsi salué, début décembre, la décision du Conseil constitutionnel de censurer, au nom de la concurrence, un article de la dernière loi sur l’Energie maintenant les tarifs réglementés de manière générale.

Il n’est plus désormais question que les personnes ou les entreprises qui déménagent puissent conserver le bénéfice du tarif comme le souhaite le gouvernement. Le tarif régulé s’applique à un site et non à l’abonné.

Des spécialistes du secteur y ont vu le premier signe de la suppression des tarifs. Mais le processus sera long. Lors de l’introduction en Bourse d’EDF, fin 2005, le gouvernement avait obtenu que les tarifs n’augmentent pas plus que l’inflation pendant cinq ans, limitant ainsi les marges du groupe.

Cette politique a peu de chance d’être modifiée, selon une source industrielle qui note que Nicolas Sarkozy a fait campagne en promettant de défendre le pouvoir d’achat.

A la Bourse de Paris, EDF a terminé vendredi en recul de 0,17% à 64,89 euros alors que le DJ Stoxx Utilities a progressé de 0,87%. Mais il affiche encore une hausse de 17,6% depuis le début de l’année.

Gaz de France a gagné 1,97% à 37,20 euros et Suez 1,06% à 42,99 euros, le marché jugeant de plus en plus que le projet de fusion annoncé en février 2006 sera mené à bien même s’il y aura sans doute un nouveau décalage du calendrier jusqu’à l’automne.

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