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Un article de Aliette de Broqua paru dans Le Figaro le 26 janvier 2006

La privatisation de la SNCM avance au ralenti

jeudi 26 janvier 2006 par Aliette de Broqua
TRANSPORT Le dossier est loin d’être clos. Parce que les pertes pour 2005 sont plus élevées que prévu. Mais aussi parce qu’il y a une incertitude sur les conditions de la desserte de la Corse.

CE MATIN, le comité d’entreprise de la SNCM sera réuni. Les représentants des salariés votent sur « le projet de recapitalisation et l’évolution de l’actionnariat de l’entre prise ». Mais aucune information préalable ne leur a été communiquée. Les syndicats trouvent le temps long. « Depuis la fin du conflit, on nous promène, estime Bernard Marty, secrétaire CGT du comité d’entreprise. Nous avons besoin de savoir où en est le dossier. »

En fait, les négociations entre l’Etat et les deux repreneurs - Butler Capital et Veolia environnement - pour finaliser le plan définitif tardent à déboucher. Il leur a d’abord fallu attendre la fin des audits lancés par Butler Capital et Veolia et la clôture de l’exercice 2005. Or les pertes de l’an dernier sont supérieures aux prévisions : au lieu des 22,5 millions envisagés à l’automne, elles s’élèveraient à une trentaine de millions d’euros selon nos informations. C’est autant qu’en 2004, notamment parce que l’Etat ne remboursera pas en 2005 les charges sociales des marins. Ce qui représente un manque à gagner de 10,9 millions d’euros.

Aide aux passagers

Quant aux deux grèves, elles ont coûté plus de 10 millions à la SNCM. Enfin, les audits ont fait apparaître des ajustements nécessaires sur les provisions pour risques. Butler Capital et Veolia environnement tentent donc d’obtenir une recapitalisation de la compagnie par l’Etat supérieure aux 113 millions prévus hors plan social. « Les négociations avancent, commente-t-on à Bercy. On ne peut pas exclure que les repreneurs fassent traîner sciemment les choses. »

Autre frein aux négociations : la délégation de service public (DSP) concernant la desserte de la Corse au départ du continent. L’actuelle délégation expire à la fin de l’année et la Collectivité territoriale corse travaille toujours à l’élaboration du cahier des charges de la prochaine DSP. Celui-ci sera présenté au Conseil exécutif à la mi-février, puis à l’Assemblée de Corse le 3 mars. C’est une étape cruciale de la privatisation. En effet, si la SNCM ne remportait pas l’appel d’offres, Butler Capital et Veolia pourraient faire jouer la clause résolutoire qui figure dans le contrat de reprise de la SNCM. Celle-ci resterait alors propriété de l’Etat. L’incertitude touche surtout le service complémentaire, c’est-à-dire les ferries pendant les périodes de pointe. Ce service fait partie avec le service de base (qui comprend des cargos mixtes pour le fret) de la DSP en cours d’élaboration. Si les ferries en étaient sortis au profit d’une extension de l’aide aux passagers - qui coûterait moins cher à la Corse - 700 emplois seraient menacés à la SNCM, avancent les syndicats. Les repreneurs se sont pourtant prémunis de tout risque. Selon nos informations, ils bénéficieraient d’une clause de garantie financière. Ils seraient ainsi dédommagés si le service complémentaire n’était pas aussi fourni qu’il l’est aujourd’hui.

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