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Frédéric Durand , Alain Raynal | L’humanité le 05.11.2007

La réforme pas encore sur les rails à la SNCF

jeudi 6 décembre 2007 par Alain Raynal, Frédéric Durand
Si le dialogue a repris entre syndicats, direction et représentants de l’État, il a essentiellement porté sur les mesures salariales.

La deuxième séance de négociations, hier, entre la SNCF, la direction et les représentants de l’État a, semble-t-il, permis quelques avancées. « Nous avons eu quelques réponses plus significatives en termes de revalorisation salariale. La création d’un nouvel échelon dans la grille doit permettre une augmentation de 3,6 % pour l’ensemble des salariés », note ainsi Grégory Roux, responsable CGT. Le résultat de la première table ronde, organisée le 29 novembre dernier, avait rapidement déclenché la colère de l’ensemble des syndicats confrontés « à l’absence de réponses concrètes de la part de leur direction ». Le message du secrétaire fédéral CGT Laurent Russeil, qui « invitait la direction à changer d’attitude d’ici le 4 décembre » (lire notre édition du 30 novembre), semble avoir été au moins partiellement entendu.

Les primes de gratification de vacances et d’exploitation, actuellement non prises en compte pour le calcul de la retraite, devraient être intégrées au traitement, tandis que la prime de travail sera, elle, incorporée au treizième mois. Ces ajustements auront pour effet d’élargir l’assiette de cotisations et donc d’augmenter le niveau des pensions.

Si la discussion a pu avancer sur certains points, il reste néanmoins encore deux obstacles de taille à franchir : la question des décotes, sur laquelle la direction n’entend pas revenir pour l’instant, et l’indexation des pensions sur les prix qui, selon les représentants de l’État, pourrait être revue en 2008 dans le cadre de la réforme globale des retraites.

Autre divergence : le peu de temps imparti aux acteurs dans un dossier aussi lourd. Selon l’agenda officiel, le 18 décembre tout doit être réglé. Impossible, pensent les syndicats, qui demandent un allongement de calendrier. Troisième étape vendredi prochain.


à Toulouse les cheminots ne lâchent pas

À l’appel unitaire de leurs syndicats, ils ont réaffirmé leurs revendications devant la direction régionale SNCF.

Ceux qui espéraient qu’au lendemain de la suspension du mouvement de grève les cheminots lèveraient le pied sur la mobilisation et le niveau de leurs revendications en sont pour leur frais. Dans une unité syndicale ressoudée - CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD rail, UNSA - plusieurs dizaines de cheminots toulousains se sont rassemblés hier à midi dans le hall de la direction régionale SNCF. Dans une motion portée à leur direction régionale pour transmettre au national, ils ont réaffirmé leur volonté de peser sur le contenu des négociations en cours, d’être vigilant, et de refuser le contenu de la réforme du régime spécial de retraite.

Lors des prises de paroles, l’ensemble des représentants syndicaux se sont tous dits prêts à la relance de l’action, y compris de la grève, si la réunion tripartite qui se tenait hier et celle à venir du 7 décembre ne débouchaient pas sur des avancées favorables aux cheminots. « Les assemblées de syndiqués qui se tiennent depuis vendredi confirment la détermination des collègues ; au-delà du débat sur le nombre d’annuités nous ne lâcherons pas sur l’âge de départ des cheminots à 55 ans et 50 ans, ni sur le niveau des pensions dont nous demandons l’indexation sur l’évolution des salaires, ni encore sur les décotes que nous refusons », assure le secrétaire du syndicat CGT, Éric Ferrères. « Si la négociation actuelle et celle du 7, les plus décisives, sont négatives, nous n’attendrons pas le 20 pour repartir », lance-t-il, tout en insistant sur la nécessité pour aller dans ce sens d’un appel dans l’unité syndicale. Y compris le délégué CFDT - « je n’ai guère d’illusions sur les propositions des directions » - qui estime nécessaire de se préparer à une nouvelle action. Au nom de SUD rail, Didier Chaissac rappelle que son syndicat se prononce pour le maintien du principe des 37,5 annuités de cotisation. « Ce sont, comme chaque fois, les assemblées générales de cheminots qui seront décisionnaires sur le contenu revendicatif et sur l’action. » « Dans les négociations, pour l’instant c’est beaucoup plus du gagnant-perdant à notre détriment », estime Henri Plantevin pour la CFTC. Responsable de ce syndicat, Marcel Roma, en a assez, dit-il, « des beaux discours » du président de la République, « maintenant il faut du concret et du positif ». Des dispositions ont été prises par les différents syndicats pour informer les cheminots et débattre des annonces de la veille en réunion tripartite. D’assemblées de syndiqués à des tournées de chantiers.

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